En France, depuis un an, il y a eu 300 000 chômeurs en plus, et 500 000 personnes qui ne sont plus comptées parmi eux, car elles sont tombées dans la pauvreté. En un an 800 000 personnes ont donc morflé. Comment voulez-vous que la croissance redémarre dans ces conditions ? D’ailleurs la consommation alimentaire recule depuis quatre mois en France ! C’est dramatique. Cela signifie que des millions de personnes se contentent de nouilles, de pâtes et de riz trente jours par mois.
Plus on attend le retour miraculeux de la croissance, plus on s’englue dans la crise, on tombe dans la récession, jusqu’au prochain krach. Il n’y a aucun espoir que la croissance revienne, mais on peut créer plus de deux millions d’emplois et ressouder la cohésion sociale, en mettant le paquet sur le logement, les économies d’énergie, le financement des PME, le temps de travail. Quand la prochaine crise éclatera, elle arrivera alors sur un pays beaucoup plus solide, beaucoup plus soudé. Ce sont deux stratégies radicalement différentes. (…)
Roosevelt, c’est le courage en politique. Il arrive au pouvoir en 1933, dans un pays sinistré, avec des millions de chômeurs. Il n’est plus tout jeune, mais dès la première semaine il agit. Il ferme les banques et fait passer une réforme des banques en une nuit. En trois mois il fait passer quinze grandes réformes. Les banquiers sont furieux, mais il tient bon, sépare les banques, crée l’impôt sur les bénéfices, s’arrange pour améliorer le revenu des paysans. Cela redonne force au peuple. Lorsque la crise est revenue, il a reconnu que le premier New Deal s’était épuisé, alors qu’en France on est dans le déni. (…)
Il ne s’agit pas de l’idéaliser, mais au moment où l’Europe tombe dans la barbarie, Roosevelt sauve la démocratie et la cohésion sociale. Il a tordu le système économique pour le mettre au service du bien commun. Lors de la conférence de Philadelphie, il donne la priorité à la justice sociale, il montre qu’il n’y a pas de paix durable sans elle. Il explique que dans chaque pays il faut des règles sur le salaire minimum, le temps de travail (…)
A chaque meeting de Nouvelle Donne, nous concluons en parlant du droit au bonheur, de société de l’équilibre, de la convivialité, et de la fête. Nous n’avons jamais été aussi riches globalement. Nous avons tout pour vivre dans un pays de cocagne. Le seul problème relève du partage : partage de revenu, du travail, du pouvoir, de l’accès à la culture.
Les Inrocks : Pierre Larrouturou : “Nous pouvons retrouver une prospérité sans croissance”
Vos commentaires
# Le 15/11/14, Marco En réponse à : Un tour en mer
Toujours très belles tes photos. J’aime beaucoup cette vision du monde que tu nous offres et cet art de composer une image originale en jouant des contrastes et de la profondeur de champ. Tu me diras que c’est le principe même de la photo mais si c’était si simple, nous serions tous Man Ray ou Robert Doisneau. Et toi, tu as ce talent de saisir l’instant et de le rendre beau.
Bravo et merci.
# Le 16/11/14, ydikoi En réponse à : Un tour en mer
Hé bah, je dois te dire que tu me scotches un peu là, je ne suis pas sûr de correspondre vraiment à ce que tu décris :-)
Mais ça fait plaisir de le lire, indubitablement ^^
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# Le 14/11/14, ydikoi En réponse à : Un tour en mer
hé, merci m’sieur :)
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# Le 14/11/14, Franck En réponse à : Un tour en mer
L’est très belle cette photo !
Je file voir le reste…
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