J’ai mal dormi. Le ciel est gris ce matin. Il fait frais, aussi. Je suis grognon, je n’ai pas envie de sourire.
J’ai passé une bonne partie de la nuit à imaginer cette traversée du Golfe, que j’ai commencé à préparer - déjà !! mais il faut bien donner des dates, mêmes approximatives, à ceux qui me les demandent. Et tout d’un coup, cette réalité m’a sauté aux yeux : finis les petites croisières tranquilles du matin au soir, ces journées où on décide, ou pas, de partir. Dans deux mois, il faudra se jeter à l’eau, composer avec le temps, se lancer. Deux jours au mieux, trois plus normalement, seul, à devoir gérer le sommeil, la veille, la nourriture, bref, la vie en mer.
Je n’ai pas peur, je sais que ce n’est qu’une question d’organisation. Je sais aussi qu’il n’y a pas de remède miracle, c’est à chacun de trouver son rythme, trouverai-je le mien ? Est-ce que je me sentirai aussi à l’aise dans ces grandes traversées que je le suis pour l’instant ? Est-ce que je tiendrai ? Est-ce que je suis vraiment fait pour ça ?
Je suis grognon, chafouin, j’ai mal dormi en pensant et repensant tout ça dans ma tête. Et ce putain de soleil qui ne veut pas arriver !

Ça (se) discute :