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Prix Pinocchio

A l’instar du Prix Busiris décerné pour toute affirmation juridiquement aberrante par Maître Eolas, voici donc le prix Pinocchio, remis à toute personnalité qui aura démontré son mépris total pour un engagement récent, en prenant sciemment une position exactement contraire sans l’avoir justifiée.

    1er prix Pinocchio confirmé

    jeudi 25 juin 2009, par Ydikoi

    Oui, depuis mardi soir 20h15, la vérité est là, claire, et nue : à peine un an après avoir juré, craché, cocu qui s’en dédit que Nice serait sa seule priorité s’il était élu député (ce qu’il fut), Christian Estrosi vient de rentrer au gouvernement. Ce n’était qu’une supposition il y a deux mois, c’est maintenant un fait.

    Ca ne surprendra personne, de toute façon. Et, s’il n’a pas été cocufié (pas mon affaire), il l’aura (au moins) vaguement payé : l’intérieur lui passe sous le nez, il n’a (que) l’industrie.

    Ouh le menteur !

    Premier Prix Pinocchio

    mardi 21 avril 2009, par Ydikoi

    Et voici qu’après Alain Juppé, un autre politique, Christian Estrosi, auquel aucun journaliste de presse de niveau national (sauf Jean Michel Apathie, reconnaissons lui cette qualité) ne s’intéresse, rejoint Alain Juppé dans la catégorie "un grand ministère vaut bien un petit mensonge" :

    Je veux aujourd’hui annoncer solennellement que Nice sera demain ma seule priorité (sic).

    Le 10 mars 2008, 2 mois avant d’être candidat à la députation.
    (source : Journal d’un avocat - Prix Busiris pour Christian Estrosi)

    Oui oui je sais, il n’a pas confirmé, dans l’interview sus-citée, l’information du Monde. Mais il ne l’a pas démentie non plus. Et a encore moins rappelé qu’il avait pris un engagement il y a moins de 18 mois.

    Alors, en son honneur, après le Prix Busiris de Maître Eolas, créons le Prix Pinocchio, dont il devient le premier lauréat, ex-æquo avec Alain Juppé.

    Les candidatures sont ouvertes pour la suite, et seront examinées avec le plus grand soin !

    Les petits renoncements

    samedi 11 avril 2009, par Ydikoi

    Dans une réunion avec nos adhérents, l’un d’eux me demandait récemment comment avait évolué l’ambiance, si les promesses d’améliorer le relationnel avaient été tenues.
    Alors que je lui répondais qu’on ne pouvait pas tout résoudre par la mise en place d’outils, que cela n’empêcherait pas certains de considérer par défaut toute forme de pouvoir comme corruptible et à détruire, il me cloua le bec d’un “cela dit, c’est pas faux, ils sont corrompus”.

    Moi habituellement si prompt à trouver la réponse-qui-va-bien, je me suis retrouvé sans voix, toujours aussi mal à l’aise face à cette présomption de culpabilité, et surpris de ce poujadisme rampant, même chez des personnes plutôt ouvertes sur la réflexion sociétale.

    Et puis ce matin, en prenant ma douche (le grand lieu de réflexion par excellence), c’était juste évident : tous les jours ou presque l’actu nous donne des exemples de personnalités revenant sans honte ni remords sur leurs engagements moraux. C’est devenu tellement normal que plus personne n’y prête attention.

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    On pourrait facilement remonter le cours de l’histoire, pas si loin d’ailleurs, pour remplir des pages entières de promesses non tenues, de petits retournements de vestes sans explications, des promesses non tenues de Sarkozy (et il manque encore les plus récentes, le Tibet, les JO, …), au retournement de veste d’Arnaud Montebourg, ancien chantre du non-cumul des mandats, aujourd’hui super-cumulard (au moins a-t-il eu la "délicatesse" de consulter ses électeurs avant, via son blog).

    Un cas symptomatique revient sur le devant de la scène aujourd’hui : celui d’Alain Juppé.

    Rappelez vous en 2007 (je sais, c’est loin …). En mai, il est nommé ministre de l’écologie, son grand dada depuis le retour de Québec. Mais en juin, il est platement battu aux élections législatives, annonce sa démission du gouvernement, et se recentrer sur la ville de Bordeaux. Lors des élections municipales de 2008, il s’engage à ne plus accepter de mandat national, et s’occuper « à 100% » de sa ville.

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    Moins d’un an plus tard, patatras, faisons table rase du passé :

    Interrogé, samedi 11 avril, par le Parisien, sur le point de savoir s’il est "prêt à mettre son expérience au service du pays", le maire de Bordeaux répond : "Oui, car je reste passionné par les questions politiques, au sens le plus noble du terme, c’est-à-dire les grands sujets nationaux ou internationaux".

    La critique est facile, elle est même évidente dans ce cas.

    L’absence totale de respect d’engagements publics est tellement devenue une habitude que l’intéressé ne prend même plus la peine de chercher à se justifier : il n’est d’ailleurs absolument pas interrogé, ni par le Parisien, ni par Le Monde qui reprend l’information en l’étoffant, sur ce revirement éventé de longue date.

    Mieux encore, il est “de fait” justifié par un sondage express du figaro : puisque c’est maintenant une bonne idée, c’est moralement acceptable. Et, de toute façon, il n’est absolument pas question de morale, définitivement morte et enterrée.

    Ce qui est surprenant dans le cas Juppé est le contexte dans lequel intervient ce renoncement.

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    La notion de discrédit des hommes politiques n’est pas nouvelle, cela fait au moins 15 ans que l’on en parle, qu’on l’évoque régulièrement, notamment quand le paysage politique est chamboulé par un vote protestataire massif, comme ça a pu être le cas en 2002.

    Mais en cette année si particulière, avec une crise dont personne n’arrive à voir les débouchés, une contestation de plus en plus forte et visible, où des politiques parlent ouvertement d’une révolte rampante et des intellectuels comparent la situation actuelle à la période pré-révolutionnaire ; il reste surprenant qu’un homme, dont personne ne conteste l’intelligence, n’ait pas, au delà de toute décence, la conscience qu’en cette époque de discrédit massif envers les édiles (politiques, économiques, …), il est plus que jamais nécessaire de chercher à rassurer, plutôt qu’à tromper.