Elle ne parlera peut être qu’aux motards, mais voilà l’histoire de deux garçons qui font revivre la Norton Commando de leur Pôpa.
The Norton Project from Jamtron on Vimeo.
(via gizmodo)
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vendredi 31 décembre 2010, par
Elle ne parlera peut être qu’aux motards, mais voilà l’histoire de deux garçons qui font revivre la Norton Commando de leur Pôpa.
The Norton Project from Jamtron on Vimeo.
(via gizmodo)
jeudi 14 octobre 2010, par
Je tourne et retourne dans ma tête depuis plusieurs jours la manière dont je vais l’annoncer, et je n’ai toujours pas trouvé, d’autant que je me suis toujours farouchement abstenu de parler de ce domaine ici. Mais, puisque l’échéance est là, et même déjà dépassée à la publication de ce billet, il n’y a qu’une seule manière de le dire, franchement et directement.
Il y a presque dix ans que je gravite dans le mouvement des motards en colère : d’abord uniquement parisien, militant, puis adhérent, puis responsable local ; puis au bureau national ; puis au conseil d’administration de la mutuelle des motards. Pendant toutes ces années, je n’étais tourné que vers cet engagement associatif, et aussi la société que j’avais créée avec deux amis.
Depuis quelques mois, depuis ce moment là en fait, je redonne vie à ce projet que je traine depuis mes plus jeunes années, de parcourir une partie du le monde en bateau. L’idée germait -je m’en suis aperçu récemment, en parcourant mon ancien blog- régulièrement autour de mon anniversaire, puis disparaissait. Mais depuis quatorze mois, je l’étudie, la décortique, l’analyse avec l’aide du dr Krollspell. Au delà du simple questionnement, j’ai vérifié par deux fois que mon goût pour la mer ne s’était pas dilué dans mes rêves.
Progressivement, mes peurs se sont levées, mes questions ont trouvé réponse ; ou dans le pire des cas, sont apaisées. Et l’évidence s’est imposée, il y a plusieurs semaines : je partirais, pas un jour, pas dans dix ans, mais bientôt, très bientôt. J’ai donc pris la décision de démissionner de mon poste d’administrateur, et j’en ai informé le président du conseil dans la foulée.
Et c’est donc hier soir, comme convenu ensemble, que j’en ai fait part à l’ensemble du conseil d’administration, et rendu cette décision effective.
mercredi 23 juin 2010, par
Il y a d’abord eu ce week-end à Montélimar, chez des amis pour profiter des premiers beaux jours. Puis la descente pour ce rassemblement pentecôtien traditionnel. Et l’encadrement de la course cycliste, et pour finir, cette balade du #PTMC [1]. Au final, près de 2600 kilomètres pour ce mois de juin.
Rien d’exceptionnel, j’ai déjà vécu ça. A un détail près.
J’ai décidé de ne plus m’emmerder avec les autoroutes. Entre les tarifs exorbitants, calculés en dépit du bon sens ; l’état déplorable du bitume, entre les "trous en formation" et les joints-raccord glissants ; l’insipidité de ces routes ; la consommation induite par la vitesse ; je me suis mis à la départementale à outrance. De la belle route, longue et large, inter-départementale, au bitume parfait et paysages variés, comme la D977b de Clamecy à (presque) Dijon, ou la D945 de Lyon à Clamecy. Mais aussi la petite, celle qui ne s’étale que sur quelques kilomètres, tellement peu large qu’on dirait qu’elle se cache, cherchant à se confondre avec un chemin vicinal, improbable qu’elle est, tournicotant entre les parcelles millénaires, hésitant au passage d’une rivière ou d’un hameau perdu.
C’est un festival de paysages tous plus variés les uns que les autres, de virages tous distintcs, celui qui enroule largement, tout en régularité, celui qui se referme sur une série en S qu’ils appellent "dangereux", ah les fous !, celui qui s’ébauche à peine, retravaillé qu’il a été pour offrir le moins d’aspérité possible.
Et entre chaque série, il y a la pause, plus ou moins longue, rarement plus que quelques kilomètres, cette ligne droite calée en plein sous bois, le long d’un champ, sur une crête, qui permet en toute sérénité de s’attarder sur le paysage, humer les odeurs de bois, d’humidité, s’extasier plusieurs fois par heure sur la richesse et la variété infinies qu’on n’ose deviner par autoroute.
Parfois, c’est à un rythme beaucoup moins conséquent qu’on l’aborde, cette départementale. Mais c’est qu’il faut suivre, ou précéder selon, une caravane hétéroclite et le groupe, héritage millénaire de survie de l’espèce, se soude autour du plus jeune, celui qui n’a pas encore beaucoup d’expérience (même si la soudure est parfois assez extensible). La poignée enrage, le frein arrière s’excite de ne pas assez servir, c’est la moto toute entière qui tremble de laisser passer des enfilades de virage à un train de sénateur, mais c’est alors un autre plaisir, celui de l’étape, de paysages et ambiances partagées, du détail qu’on a le temps de capter.
[1] pédés twitteurs motards club
dimanche 13 juin 2010, par
Il faisait encore nuit. J’avais mal dormi, entre le vacarme de la pluie sur les fenêtres et l’inquiétude d’arriver à me lever à l’heure. 4h25, le téléphone sonne, c’est MJ qui me réveille. Il pleut encore dehors, l’alerte orange n’est pas finie. Douche rapide, petit déjeuner expédié, je prends la moto au moment où la ville coupe l’éclairage nocturne. Le jour n’est pas encore levé et, avec la pluie qui redouble d’intensité, on ne voit pas grand chose. Je traverse le pont Alexandre III pour rejoindre l’avenue Georges V, l’averse forme un véritable brouillard sur la Seine, à l’est. C’est magnifique.
Nous nous retrouvons tous dans cet hyper chic restaurant, cinq motards au milieu de soixante cyclistes. L’ambiance est un peu irréelle, eux plus habitués aux costards-cravates, acteurs plus ou moins discrets des grandes entreprises cotées aux CAC40, en combinaison lycra. Et nous, tout de cuir vêtu (mais avec combinaison de pluie), peu habitues à voir des hordes de maître d’hôtel nous servir un copieux petit déjeuner avec des cafetières en argent, vautres dans de confortables fauteuils en velours rouge.
6h30, nous partons finalement. Place de l’Etoile, avenue Foche, bois de Boulogne, etc, ... nous bloquons la circulation pour que le peloton, encore groupé, puisse tenir son rythme. Peu de voitures encore à cette heure, c’est pour nous un jeu d’enfant qui impressionne les cyclistes, qui ne poseront pas le pied à terre une seule fois avant la première pose. Il est 9h, nous venons de quitter la banlieue parisienne, la pluie finit par se calmer un peu, un café chaud et des sandwich nous attendent dans cette auberge chic, qui pourrait être cotée au Michelin. Puis nous repartons pour la partie la plus éprouvante de cette course.
Le peloton ne peut pas tenir ses 30 km/h de moyenne, les orages ont été particulièrement violents dans cette région, la route est à plusieurs endroits coupée sur des dizaines de mètres par des cailloux qui imposent d’aller au pas. Plus loin, c’est même une coulée de boue de plusieurs centimètres d’épaisseur qui nous bloque le passage. Genoux serrés sur le réservoir, un filet de gaz régulé avec l’embrayage, le regard droit devant, nous essayons de franchir l’obstacle sans encombre. Mes pneus sont usés, une ou deux fois l’arrière fait mine de se dérober, et l’anti patinage de ma BMW s’emmêle un peu les pinceaux, me donnant quelques sueurs froides. Puis rapidement, c’est l’avant qui décroche, et je ne peux rien faire pour contrôler mon guidon. Tomber, encore, je l’envisage, ça serait désagréable voire humiliant. Mais à ce moment, motos et cyclistes sont cote à cote, et si la moto venait à se coucher, elle faucherait du même coup un ou deux coureurs ... stress ! Je ne sais pas par quel miracle, je suis finalement resté debout, la moto retrouvant, sur les deux épisodes boueux, son chemin jusqu’à l’asphalte.
Le soleil a fini par pointer timidement son nez, rendant nos acrobaties plus faciles à réaliser : devancer la voiture ouvreuse pour repérer la route, s’installer au carrefour pour bloquer la circulation le temps que les coureurs le franchissent puis, le dernier passé, remonter tout le peloton. Sur les routes étroites, il faut se glisser progressivement dans le peloton, attendre d’être repéré par le cycliste devant qui se poussera, juste un peu, l’espace strictement nécessaire, et se glisser devant, la roue frôlant le talus et le rétroviseur le cycliste ; quand il y a deux voies de circulation, les warning allumés, nous sommes debout sur les cale-pieds, faisant de grands signes aux voitures qui arrivent en face pour qu’elles se collent contre le bas-cote et, à les croiser, nous les remercions d’un grand geste, très souvent rendu en retour.
Nous avons mis 11 heures pour rejoindre la -très chic, of course- station normande, pauses comprises, à une moyenne probable de 30 km/h. Heureusement, nous n’avons rencontré aucune force de l’ordre, qui aurait sans doute été très étonnée de voir notre interprétation du code de la route, et les libertés que nous prenions pour organiser la circulation autour -et pour le profit - de notre peloton. Mais pas une fois cependant nous n’aurons eu à subir d’énervements des automobilistes, qui ont toujours regardé les cyclistes et leur service d’ordre avec bienveillance et gentillesse (il faut dire que les remerciements des uns comme des autres étaient constants).
A l’arrivée, Impossible de dire, curieusement, qui des cyclistes ou nous était les plus épuisés, tant l’exercice est physique et demande -même à 30 à l’heure- une concentration sans faille. Mais la récompense était à l’arrivée puisque, outre le plaisir pris et la satisfaction d’avoir bien fait notre boulot, nous avons été longuement applaudis par les coureurs qui, croyant avoir à faire à des bénévoles de la police nationale, ont écouté avec grande attention notre présentation de motards en colère, et des notions de liberté, sécurité, responsabilité, partage de la route que nous avions mis en œuvre pendant cette journée. Et la plus belle des récompenses a sans doute été ces deux cadres, haut dirigeants, motards, qui nous ont annoncé vouloir adhérer à la FFMC ; et ce PDG nous disant au-revoir : "je n’avais pas du tout cette image là des motards en colère. Je parlerai de vous, comptez sur moi".
Posté de mon iPad, en terrasse au bord de la mer. Of course ;)
samedi 15 mai 2010, par
Les cinq antennes d’Ile de France de la FFMC (Paris Petite Couronne, 77, 78, 91 et 95) ont décidé de réorganiser les rassemblements de motards du vendredi soir place de la Bastille (+ d’infos avec motomag.com). Donc ce soir, j’avais motards :-)
Petit rassemblement de deux heures devant l’Opera Bastille, puis on a bougé (presque sur un coup de tête) pour une petite promenade, vers Opéra d’abord, puis Concorde et les Champs enfin.
Même si c’était une simple balade, les copains de la fédé ont insisté : puisque le grenelle du deux roues ne donne rien, puisque les pouvoirs publics veulement voir les deux-roues rentrer dans le rang, comme les voitures … nous avons fait comme les voitures : une moto par file, on prend son temps pour démarrer au feu, … (la seule chose qu’on ait pas fait comme une voiture, c’est téléphoner au guidon :-D).
Mais bon, on a rien inventé, les anglais ont fait ça avant nous, à Westminster (la ville, pas la cathédrale) : La ville nous traite comme des voitures ? Nous allons nous comporter comme des voitures (via ParisMotorcycle Daily).
A recommencer ! :)
mardi 30 mars 2010, par
En Belgique, les pouvoirs publics aident aux financement de la formation post-permis :
Prendre des cours pour se perfectionner à la conduite d’une moto en Brabant Wallon : le projet peut-être financé en partie par la province. Si vous êtes motard, et que vous suivez vos cours au centre d’écolage de maitrise de la route de Nivelles, une prime de 50 euros vous sera octroyée (rtbf.be : Brabant Wallon : bonne conduite des motards récompensée).
En France, c’est normalement avec les PDASR [1] que l’on devrait financer ce genre d’initiative. Mais voilà, l’attribution des PDASR dépend d’une commission placée sous le “haut patronnage” des préfets, qui reçoivent leurs ordres directement de l’Intérieur. Et, on le sait depuis quelques années, la formation n’est pas la première des préoccupations de nos édiles, qui préfèrent développer les discours culpabilisant et les mesures répressives. Autrement dit, plutôt que de former en vue d’éviter le passage à l’acte, elles préfèrent le sanctionner.
L’AFDM organise régulièrement des stages post-permis (mais pas que). Pour plein de raisons, ces stages coûtent relativement cher, entre la location d’un espace dédié (car non, il n’y a pas de pistes publiques dédiées à la pratique de l’apprentissage), celui de l’hébergement, de la salle de réunion, et le salaire du moniteur. Donc, même si l’encadrement est bénévole, même si ça coûte toujours moins cher, à programme égal, que d’autres stages proposés par des structures commerciales, il reste un investissement que peu peuvent se permettre.
J’ai fait deux stages à l’AFDM Nancy, il ne restait plus de place à ceux de Paris. Et la deuxième fois, il y a quelques mois, ça s’est terminé avec une belle surprise :
Merci à la Pref’ du 54 de financer en partie ses stages, ça servira à d’autres encore plus qu’à moi. Et en comparaison, pas de merci du tout aux préfectures d’Ile de France qui refusent depuis longtemps tout PDASR à l’AFDM locale.
Merci à l’AFDM aussi. Le stage est super, remets en place ce qui doit l’être, tout ça manié de main de maître par des bénévoles dévoués, qui ne comptent leur transpiration ni sur la piste, ni dans les salons de la Préfecture, pour que la moto reste un plaisir.
[1] Plan Départementaux d’Action pour la Sécurité Routière
mardi 16 mars 2010, par
Je rentrais tranquillou de mon week-end sympa, entre une manif réussie et des élections qui ont claqué bien fort chez qui il fallait, bref, de bonne humeur. Et dans la masse des alertes que j’ai programmé sur le net, il en est deux qui font tilt dans ma tête, deux twitts auxquels je m’empresse de répondre, sur un ton que j’estime plutôt léger :
jmplanche : Honte d’être motard cette après midi ... C’est quoi cette meute d’abrutis manipulés qui bouchent tout ? http://twitpic.com/18cezj
ydikoi : @jmplanche merci pour l’abruti, et pour le manipulateur … on peut ne pas savoir / être d’accord, sans pour autant insulter les autres non ?
Et l’autre, d’une veine sensiblement identique :
ccuq : bienvenue dans un monde où la #ffmc se croit la représentante de tous les motards. Dans ces cas là je laisse l’Africa à la maison
ydikoi : @ccuq heureusement non, la #ffmc ne prétend pas représenter *tous* les motards
Et soudainement, en deux ou trois réponses, les deux conversations sont parties en vrac, sur la base de lieux-communs et idées pré-conçues : pour l’un, il ne peut avoir mal compris ce qu’on lui disait, et rien ne change, ni les hommes, ni les structures ; pour l’autre, qui traite les motards manifestants "d’abrutis et de manipulés", il est tout étonné que je lui suggère de s’informer plutôt que me reprocher de ne pas savoir pourquoi on manifestait.
Me voilà finalement traité de politicard, et la FFMC avec, avec des certitudes "effrayantes".
Premier constat :
Plus de 15 ans après le départ de l’internet "grand public", il en va de twitter comme d’IRC, et les forums, à l’époque : c’est un nid à trolls. Même quand on s’appelle Jean Michel Planche, et qu’on a été un des pionniers de l’internet.
Deuxième constat :
Même des personnes (a priori) intelligentes, qui connaissent par cœur ces mécanismes là, (re)tombent dedans et oublient d’agiter les neurones avant d’appuyer sur la touche entrée. Peut être encore plus avec twitter qu’avec IRC ou les forums, qui consacre encore plus l’instantanéité au dépends de la réflexion et de la pertinence.
Troisième constat :
Ca m’a énervé, grave.
Ca m’a énervé de voir qu’un mec comme Planche, certes controversé dans ses prises de positions, mais malgré tout au dessus de la moyenne en terme de réflexion, pouvait être aussi bloqué sur un sujet sur lequel, apparemment, il a déjà une opinion.
Et ça m’a encore plus énervé de voir que je m’énervais pour ça. Une fois de plus, je suis tombé dans le panneau, croyant qu’avec un type “intelligent” il serait possible d’avoir une discussion sérieuse, peut être pas de nature à le faire changer d’avis, mais en tout cas à lui faire comprendre que, pour différentes qu’elles soient, nos positions n’en étaient pas moins entendables. Naïveté quand tu nous tiens.
Quatrième constat :
L’un comme l’autre (je ne connais pas le deuxième) ne pouvait pas savoir pourquoi je me permettais ces remarques, ni que je parlais en totale connaissance de cause, et de maîtrise, de ce sujet ; ce qui n’a pas dû les aider à accepter une remise en cause de leur opinions respectives. A leur décharge.
Et pour ceux qui voudraient les revivres, les conversations sont disponibles ici : avec JM Planche et avec ccuq (attention, il faut commencer en bas), ou alors en regardant le fichier ci-dessous, où j’ai remis les deux conversations côté à côte.
Mais, purée, ce qu’ils m’ont énervé, tous les deux !
mercredi 10 mars 2010, par
16h30, c’est le début des sorties de bureaux, le retour des artisans dans leur boutique, bref, Paris commence à bouchonner. C’est aussi l’heure de mon départ, hier, pour cette réunion Lilloise, au milieu des voitures et des camionettes. A l’approche du périphérique, un goulot d’étranglement, la circulation entre les files, au pas, ne se fait qu’avec l’accord des conducteurs qui s’accrochent sur leur bas-côté respectif. Systématiquement, je me force à remercier, soit d’un geste de la main, soit alors d’un hochement de tête. Mais dire merci, à chaque fois, dire que je reconnais l’attention qui m’est portée.
J’avance donc au pas, frôlant les rétroviseurs (merci l’afdm), et je vois, deux voitures devant moi, un conducteur mettre son clignotant. Je me rabats sur ma file, et arrivé à sa hauteur, m’arrête, lui laissant la place. Il passe, et une fois devant moi, me fait au travers de la custode un salut motard.
Quelques dizaines de mètres plus loin, juste avant le périphérique, l’espace s’élargit un instant, et voilà mon automobiliste, que je suis toujours, qui s’arrête presque en se plaquant contre le muret de protection, le clignotant allumé pour m’indiquer qu’il me laisse le passage. J’en profite, le remercie, et me lance sur le périphérique.
Ce micro-épisode de ma life [1] est tout sauf exceptionnel, plutôt représentatif de ce que tous les motards, et pas que les parisiens (pour en avoir notamment eu confirmation hier soir à Lille) vivent au quotidien, dans leur rapport aux automobilistes. Le partage de la route est une réalité que nous vivons, tous, quotidiennement. Les automobilistes ont globalement bien compris que les deux-roues sont plus fragiles, mais aussi plus mobiles, qu’il est sympa de leur faire une place quand c’est possible. Les motards, parce qu’ils sont à une écrasante majorité également automobilistes, connaissent les contraintes - et les avantages - de la conduite en voiture. Tout n’est pas parfait, nous sommes parfois fatigués, inattentifs, (pré)occupés par ailleurs, dans notre bulle, mais globalement, c’est un système qui fonctionne bien au quotidien.
Mais voilà tout le paradoxe : malgré les progrès accomplis de manière spectaculaire, surtout depuis 1997 (année de promulgation de l’équivalence permis B / conduite des 125cm3), l’évolution législative n’a pas suivi et ne prend pas en compte le développement exponentiel de la pratique du deux-roues (et maintenant 3 roues) en France : spécificité de circulation, de stationnement, d’accidentologie, ….
Pire, les politiques, tous bords confondus, n’utilisent comme bras de levier que l’arsenal répressif, niant l’évolution technologique, sociétale et comportementale. C’est même, depuis le tournant sécuritaire de nos sociétés occidentales en 2001, un vrai feu d’artifice de mesures répressives (radars automatiques, de vitesse, de feux, tronçons ; confiscation de véhicules ; durcissement de la loi ; PV "à la volée" ; …) impulsées par les seules associations de victimes (ligue contre la violence routière, victimes & citoyens, …) et un seul motto : “toujours plus”.
On aurait pu espérer, il y a quelques mois, que le Grenelle (beuark) des deux-roues allait quelque peu changer la donne, ouvrant ainsi une porte à la reconnaissance du rôle que peuvent jouer les deux/trois roues motorisés dans notre société (pollution, congestion des agglomérations, …) et enfin aborder des sujets de fond, qui ne concernent d’ailleurs - et de loin - pas que la sécurité routière : l’éducation des plus jeunes à la vie en société, le respect de la différence, le partage d’un espace contraint, etc …
Las … il en est des Grenelle comme du reste : les grandes déclarations de principe se confrontent bien vite à l’obligation de résultat à court terme chérie par nos élus ; et retombent bien vite dans nos rêves qu’on qualifie par conséquent, et bien opportunément, d’utopistes.
Cette utopie là, je la vis souvent, avec des exemples comme celui d’hier, qui me montrent qu’elle est possible. Et je reste en colère, plus que jamais, de voir ces politiques qui se laissent guider par leur conservatisme et dogmatisme, au lieu d’ouvrir les yeux, et encourager, tout ce qui peut se faire de bien dans notre société.
Samedi, pour la première fois depuis 3 ans, les motards en colère vont rappeler pourquoi ils sont (encore) en colère. Et j’en serai. Bien sûr. Hélas !
[1] avec la moto que j’ai, il faut bien que j’essaye de paraître djeunz par ailleurs
Caradisiac publie un essai - pas de mention de "publi-reportage", donc ça ne doit pas en être un … - sur un casque pour iphone "spécial motard" …
Ma réponse chez eux, mais ici aussi, ça fait un bail que je voulais écrire ça :
“Franchement les mecs, je ne vous comprends pas !
Ca fait plus de 10 ans maintenant qu’on (motards, scootards, et même les cyclistes s’y mettent) gueule contre l’utilisation du téléphone au volant. On le sait nous, parce qu’on est les premiers à voir les conséquences que ça a sur la conduite, et sur notre sécurité : c’est le fait de téléphoner en conduisant qui est pourri, pas celui d’avoir ou non un kit main libre.
Ca fait je ne sais combien d’années qu’on répète partout que nous, motos, scooters, on est différent des voitures par ce que, comme nous n’avons pas de carrosserie, une faute d’inattation peut nous être fatale, nous n’aurons pas, comme les voitures, un bout de pare-choc tordu.
Et vous, qui vous dites un blog moto, un blog de motard, venez faire de la pub pour un mécanisme qu’on critique chez les automobilistes - à juste titre - et dont on sait qu’il nous fera perdre notre attention sur la route ?
Mais on rêve là ?! Je sais qu’il faut générer de la page vue pour gagner de la tune, qu’il faut produire du contenu pour être rémunéré comme un chinois fabriquant une basket, mais quoi ? Vous en êtes tombé à ce point d’absence de réflexion, d’absence de conscience ? Votre responsabilité sociale s’arrête donc là, à relayer les communiqués de presse de boites qui se foutent de savoir ce qu’elles vendent, pourvu qu’elles le vendent, et faire du chiffre ?
"Pratique d’utilisation, ce kit sera un précieux allier (sic) lors de vos trajets urbains" … écrit par des motards, pour des motards ? … ça fait peur ”
Et pour mémoire, la première opération où les motards dénonçaient l’incompatibilité de la conduite et du portable, c’était en 2003, par les motards de la FFMC Paris : opération de sensibilisation contre le portable au volant.
Il faudra bien, vu le niveau d’irresponsabilité ambient, que "certains" se saisissent un jour de la question, et interpellent les motards et les scootards sur ce sujet … Ils n’en sortiraient que grandis.