Ydikoi

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sécurité routière

    Echange de bons procédés

    mercredi 10 mars 2010, par Ydikoi

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    16h30, c’est le début des sorties de bureaux, le retour des artisans dans leur boutique, bref, Paris commence à bouchonner. C’est aussi l’heure de mon départ, hier, pour cette réunion Lilloise, au milieu des voitures et des camionettes. A l’approche du périphérique, un goulot d’étranglement, la circulation entre les files, au pas, ne se fait qu’avec l’accord des conducteurs qui s’accrochent sur leur bas-côté respectif. Systématiquement, je me force à remercier, soit d’un geste de la main, soit alors d’un hochement de tête. Mais dire merci, à chaque fois, dire que je reconnais l’attention qui m’est portée.

    J’avance donc au pas, frôlant les rétroviseurs (merci l’afdm), et je vois, deux voitures devant moi, un conducteur mettre son clignotant. Je me rabats sur ma file, et arrivé à sa hauteur, m’arrête, lui laissant la place. Il passe, et une fois devant moi, me fait au travers de la custode un salut motard.

    Quelques dizaines de mètres plus loin, juste avant le périphérique, l’espace s’élargit un instant, et voilà mon automobiliste, que je suis toujours, qui s’arrête presque en se plaquant contre le muret de protection, le clignotant allumé pour m’indiquer qu’il me laisse le passage. J’en profite, le remercie, et me lance sur le périphérique.

    Ce micro-épisode de ma life  [1] est tout sauf exceptionnel, plutôt représentatif de ce que tous les motards, et pas que les parisiens (pour en avoir notamment eu confirmation hier soir à Lille) vivent au quotidien, dans leur rapport aux automobilistes. Le partage de la route est une réalité que nous vivons, tous, quotidiennement. Les automobilistes ont globalement bien compris que les deux-roues sont plus fragiles, mais aussi plus mobiles, qu’il est sympa de leur faire une place quand c’est possible. Les motards, parce qu’ils sont à une écrasante majorité également automobilistes, connaissent les contraintes - et les avantages - de la conduite en voiture. Tout n’est pas parfait, nous sommes parfois fatigués, inattentifs, (pré)occupés par ailleurs, dans notre bulle, mais globalement, c’est un système qui fonctionne bien au quotidien.

    Mais voilà tout le paradoxe : malgré les progrès accomplis de manière spectaculaire, surtout depuis 1997 (année de promulgation de l’équivalence permis B / conduite des 125cm3), l’évolution législative n’a pas suivi et ne prend pas en compte le développement exponentiel de la pratique du deux-roues (et maintenant 3 roues) en France : spécificité de circulation, de stationnement, d’accidentologie, ….

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    motocollant FFMC 2010

    Pire, les politiques, tous bords confondus, n’utilisent comme bras de levier que l’arsenal répressif, niant l’évolution technologique, sociétale et comportementale. C’est même, depuis le tournant sécuritaire de nos sociétés occidentales en 2001, un vrai feu d’artifice de mesures répressives (radars automatiques, de vitesse, de feux, tronçons ; confiscation de véhicules ; durcissement de la loi ; PV "à la volée" ; …) impulsées par les seules associations de victimes (ligue contre la violence routière, victimes & citoyens, …) et un seul motto : “toujours plus”.

    On aurait pu espérer, il y a quelques mois, que le Grenelle (beuark) des deux-roues allait quelque peu changer la donne, ouvrant ainsi une porte à la reconnaissance du rôle que peuvent jouer les deux/trois roues motorisés dans notre société (pollution, congestion des agglomérations, …) et enfin aborder des sujets de fond, qui ne concernent d’ailleurs - et de loin - pas que la sécurité routière : l’éducation des plus jeunes à la vie en société, le respect de la différence, le partage d’un espace contraint, etc …

    Las … il en est des Grenelle comme du reste : les grandes déclarations de principe se confrontent bien vite à l’obligation de résultat à court terme chérie par nos élus ; et retombent bien vite dans nos rêves qu’on qualifie par conséquent, et bien opportunément, d’utopistes.

    Cette utopie là, je la vis souvent, avec des exemples comme celui d’hier, qui me montrent qu’elle est possible. Et je reste en colère, plus que jamais, de voir ces politiques qui se laissent guider par leur conservatisme et dogmatisme, au lieu d’ouvrir les yeux, et encourager, tout ce qui peut se faire de bien dans notre société.

    Samedi, pour la première fois depuis 3 ans, les motards en colère vont rappeler pourquoi ils sont (encore) en colère. Et j’en serai. Bien sûr. Hélas !


    France 3 Tours du 9 mars 2010
    Uploaded by ffmc37. - News videos hot off the press.

    Notes

    [1] avec la moto que j’ai, il faut bien que j’essaye de paraître djeunz par ailleurs

    Un bus, cinq caméras, un accident

    1 vote

    vendredi 19 février 2010, par Ydikoi

    Un bus, cinq caméras, le même accident. Impressionant.

    via jenesépluki

    Sécurité Routière : tout est dit …

    vendredi 28 août 2009, par Ydikoi

    … quand on voit comment la Sécurité Routière considère les deux-roues motorisés dans ses communiqués de presse :

    étourderie évidemment, mais bien révélatrice de leur mépris méconnaissance désintérêt incompréhension stupidité vis à vis des motards.

    Documents joints

    Les petits mensonges de la sécurité routière

    4 votes

    mardi 7 juillet 2009, par Ydikoi

    Face aux accusations de pompes à fric des radars automatiques, la sécurité routière avait fort à faire pour rendre les contrôles automatiques de feux rouge acceptables. Et il faut dire qu’initialement, le terrain avait bien été préparé :

    - un double système de prise de vue, avec un appareil photo dans le dos du véhicule, pour constater l’effraction ; et un appareil de face, pour constater qu’il n’y avait pas de raison de franchir le feu rouge (laisser passer un véhicule prioritaire, par exemple)
    - un contrôle humain systématique, induit par cette double prise de vue, et l’assurance que seules les infractions motivées seraient effectivement verbalisées
    - une mesure qui se ferait sur la largeur complète du carrefour, évitant ainsi toute contestation possible de la réalité du franchissement de feu.

    Pourtant, les premiers signes de craquellement sont apparus la semaine dernière, quand la sécurité routière a envoyé son dossier de presse aux rédactions, et avec la mise en place du premier radar, à Lyon : le système est très loin d’être aussi juste, et donc incontestable que lors de sa présentation :

    - De deux appareils photos initialement prévus, il n’en reste plus qu’un, qui évidemment ne prend les photos que de dos. Impossible donc de déterminer si le franchissement du feu rouge est dû à une faute, ou au contraire à l’obligation souveraine de laisser passer un véhicule prioritaire.

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    Pas d’inquiétude, nous dit-on à la sécurité routière : un formulaire de contestation sera bel et bien présent avec l’avis de contravention. Encore heureux, répondront les Don Quichotte, qui pesteront une fois de plus contre l’obligation de devoir consigner (lire payer, racquer) avant de pouvoir émettre la possibilité qu’ils étaient innocents de la faute dont on les accuse !

    Pas d’inquiétude ? A voir ! Puisque le système ne prend plus qu’une seule photo, de dos, comment l’automobiliste ou motard pourra-t-il prouver qu’une voiture de police, un convoi officiel, une ambulance, se trouvait derrière lui, le forçant ainsi à passer la ligne de feu pour se ranger sur le côté ? Devra-t-il, avant de bouger son véhicule, sortir de l’habitacle, prendre une photo - horodatée, évidemment - de la rue derrière lui pour avoir une preuve matérielle ?

    Pas d’inquiétude pour les motards, quand on sait qu’au feu rouge il faut avoir la première vitesse enclenchée au cas où on voit surgir un véhicule qui aurait oublié de freiner, et ainsi pouvoir dégager du carrefour pour éviter de se faire tamponner ?

    - le contrôle sur la largeur totale du carrefour s’est mué en contrôle sur la ligne de feu. S’il s’agit bien du principe défini dans le code de la route, il reste néanmoins des exceptions qui amènent quelques colères (ah, ces Don Quichottes !) :

    • il arrive … parfois que le feu passe à l’orange au dernier moment, et qu’en une fraction de seconde, sans même réfléchir, on écrase les freins pour s’arrêter, plutôt que passer. On ne contrôle donc plus, à ce moment là, sa distance de freinage de manière précise, et si la ligne de feu est légalement franchie, le véhicule est cependant bien arrêté avant le carrefour, conformément à l’esprit de la loi
    • le système, dans la présentation du dossier de presse comme dans les faits à Lyon, ne prend en compte que la ligne de feu, et présuppose que celle-ci est collée au passage piétons ; mais c’est ignorer que, de plus en plus, dans les grandes villes, des sas pour deux-roues sont mis en place, afin que ceux-ci puissent se retrouver avant les voitures. Le feu est donc légalement brûlé pour eux, puisque l’ensemble du véhicule se retrouve au delà de cette ligne.

    Il est une époque, pas si lointaine, où les policiers étaient chargés de faire respecter, aussi, les feux rouges. Mais puisque l’heure est à faire des économies, y compris chez les policiers qu’on ne recrute plus à hauteur des besoins, ce sont des machines qui feront leur travail. Quitte à mal le faire.

    Qu’importe. Le système installé coûte moins cher à mettre en place que celui qui avait été promis. Autant de gagné.
    Qu’importe. Des emplois seront économisés, et donc de l’argent.
    Qu’importe, on connaît le système de contestation des radars automatiques, on sait qu’il est difficile de prouver son innocence. Toujours autant de gagné.

    Mais à force de continuellement faire passer des vessies pour des lanternes, la sécurité routière, et sa patronne Michèle Merli, risquent bien un jour de se retrouver dans la position du duc de La Rochefoucauld face au Roi.

    Un acte républicain

    jeudi 25 juin 2009, par Ydikoi

    Monsieur le Préfet de Police,

    Je vous sais très attaché à la conception promue initialement (depuis les années 1980) par la FFMC, de partage de la route. Je ne parle même pas de la circulation sur les trottoirs, que le bon sens, la bonne éducation, le simple respect de l’autre, avant même le code de la route, devrait prohiber. Tout cela, je ne vous l’apprends pas, vous l’avez déjà lu, comme moi j’en suis sûr.

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    Pourtant, là où les motards en colère prétendent agir en travaillant de manière globale sur ces simples règles de vie en société, vous avez une approche plus efficace, puisque les policiers sous vos ordres ont pour instruction de verbaliser ces actes inciviques. Il est vrai qu’ils ne sont “pas des travailleurs sociaux”, on ne peut donc leur reprocher d’user de leur carnet à souche et ainsi remplir les objectifs qui leur sont fixés..

    Je sais enfin votre attachement aux valeurs républicaines, et notamment à celle de l’égalité des citoyens, principe d’ailleurs réaffirmé par le Président de la République dans son discours au Congrès le 22 juin.

    Aussi, ayant appris il y peu que la dénonciation était un acte “devoir républicain”, et bien que cela heurte les principes qu’ont pu m’inculquer mes parents, instituteurs, professeurs et autres rétrogrades, je me dois donc, à contrecœur, de vous signaler les faits suivants, qui vous permettront à la fois de remplir vos objectifs, tout en maintenant l’égalité, facteur de cohésion sociale :

    le mercredi 24 juin 2009, alors qu’il sortait de son bureau, Monsieur F.... Mit....., ministre de la C..., a, devant de nombreux témoins, utilisé son scooter pour se rendre à une réunion (si j’ai bien compris, au Palais de l’E...).
    Ce faisant, il est monté sur son scooter, en a allumé le moteur, l’a reculé, puis a démarré sans avoir quitté le trottoir, pour rejoindre le coin de la rue, manquant de bousculer plusieurs personnes qui se trouvaient là.
    Tout ceci a été filmé, et est visionnable sur internet (cette video étant légalement en ligne, on ne peut que souligner l’extraordinaire aide qu’internet vous apporte dans votre mission de gardien de l’Ordre).

    Je gage que vous n’aurez aucun mal à retrouver les coordonnées exactes de cet homme dont l’âge, l’expérience et les fonctions auraient pu donner à penser qu’il aurait à cœur de donner l’exemple d’un comportement citoyen exemplaire ; et que vous n’aurez aucun état d’âme à verbaliser, sur preuve, cet individu, tout ministre qu’il soit.

    Meilleures salutations,

    Un citoyen qui apprend à devenir vraiment républicain.

    Ayez le courage : ne faites rien !

    mercredi 27 mai 2009, par Ydikoi

    C’est (un peu) touffu, mais ça vaut son pesant de cacahuète, c’est à lire jusqu’à la dernière ligne, en dégustant, en savourant, en se pourléchant les babines d’un argumentaire implacable … et si cinglant ;-)

    En somme, estimer l’exposition au risque des motocyclistes à la manière de la Sécurité Routière implique de multiplier un parc de machines inconnu par un kilométrage ignoré et qui, s’il ne l’était pas, ne constituerait cependant pas à lui seul un indicateur valide.

    Le nouveau permis de Christian Gérondeau n’a pas tué la moto : il a juste tué des motards.

    Sociomotards : la longue durée

    Il faut faire parvenir ça, de toute urgence, à Michèle Merli :-)

    Encoooooore !

    Le bal des pleureuses

    mardi 26 mai 2009, par Ydikoi

    Voilà un billet que je gardais depuis longtemps, procrastination oblige. Et puis, hadopi est passé depuis un moment, et un moment, dans notre société de la consommation immédiate, c’est une éternité.

    Mais voilà que la motivation revient par une fenêtre dérobée, alors je m’y lance.

    Reprenons. Si Narvic, Autheuil et Readwriteweb débattent aujourd’hui des motivations liées au débat (et il faudrait que j’en reparle, parce que je trouve qu’ils n’ont que partiellement raison dans leurs arguments respectifs), c’est encore plus loin qu’il faut remonter, aux fondamentaux de cette loi : la volonté du gouvernement de récolter des adresses IP et condamner, via une autorité administrative, son propriétaire à une coupure internet , sans préjuger d’une condamnation légale et sans vérifier que le titulaire de l’abonnement soit effectivement le fautif.

    C’est sur ces trois principes que les critiques se sont essentiellement appuyées, et tout particulièrement cet abandon de la présomption d’innocence si chère à notre droit français.

    Que ce soit Numerama, média qui a fait le plus remarquable travail d’information et d’investigation sur le sujet :

    Dans le cinquième épisode de la deuxième saison de l’examen du projet de loi Création et Internet, un personnage est mort : la présomption d’innocence.
    Hadopi SE2E05 : La présomption d’innocence ? "Une petite bête"

    Ou même des pointures comme Tristan Nitot :

    En colère, parce que les valeurs auxquelles je tiens sont bafouées, de la présomption d’innocence (on est coupable aux yeux de l’Hadopi tant qu’on a pas prouvé son innocence), le fait que des sanctions soient prises par une autorité administrative et non judiciaire, ainsi que la liberté d’Internet.
    En colère

    ou une autre, JM Planche :

    • Les mécanismes de délation par des parties "non neutres" et d’identification à partir d’une adresse IP ne m’apportent aucune garantie de sécurité, de sérieux et d’identification des réels coupables, L’automatisation du processus, jusqu’à la coupure d’un accès Internet, sans décision de justice et donc sans réelle garantie de défense remet en cause beaucoup de valeurs,
    • Le renversement de la charge de la preuve, où l’usager devra prouver qu’il ne peut pas "pirater" grâce à l’utilisation d’un logiciel qui n’existe pas et dont on ne connaît pas la portée, ni même la disponibilité pour le matériel que j’utilise est une atteinte au bon sens et à mes libertés individuelles et à la sécurité de mes données et de mes activités. Activités toutes légales et fortement créatrices de valeur, d’emplois et de taxes sur le territoire Français, je précise.
    Ma position sur l’Hadopi : en 2 mots et en preuves

    en passant par tout plein d’illustres inconnus de mon acabit, la question « radar hadopi innoncence » génère près de 20 pages de réponse dans Google.

    Faut-il crier au scandale face à ces mesures ? Evidemment oui.
    Faut-il crier à la nouveauté ? Peut être pas :

    HADOPI vs … 
    « nouveauté » HADOPI Sécurité Routière
    Surveillance du réseau via des automates Spywares Radars automatiques
    identification automatisée des contrevenants via leur numéro d’identification unique Adresse IP Plaque d’immatriculation
    Lettre d’avertissement x
    Sanction contre … le titulaire de l’abonnement le titulaire de la carte grise
    Renversement de la charge de la preuve

    Non, rien de bien neuf dans cet HADOPI, que de la remise au goût du jour de procédés déjà actifs depuis … 2004. A l’époque, seuls les motards en colère tenaient cette position que tous les geeks et autres épris de liberté ont maintenant. A l’époque, seuls les motards en colère criaient au scandale. A l’époque, tous les autres n’ont pas réagi. Normal, ils n’étaient pas concernés

    La FFMC a affirmé son désaccord avec ce système de mise sous surveillance parce qu’il porte un coup sérieux à la présomption d’innocence, au droit à la défense, et au respect de la vie privée.

    […] La FFMC appelle les motards, et au-delà l’ensemble des usagers de la route et acteurs de sécurité routière, à amplifier la mobilisation pour exiger que l’éducation à la sécurité routière et la formation des conducteurs soient développées et le contrôle sanction automatique supprimé.
    La FFMC appelle à amplifier la mobilisation contre le contrôle sanction automatique

    JM Planche est inquiet pour ses libertés fondamentales ? Tristan Nitot est en colère ? C’est tout le mal que je leur souhaite, je n’ai pas l’impression qu’ils l’étaient en 2004, comme tous ceux qui nous riaient au nez à cet époque.

    Ils se plaignent qu’une autorité administrative puisse couper l’accès à internet pendant six mois, alors que la jurisprudence existait déjà : un préfet peut supprimer un permis de conduire dans l’attente d’un jugement.
    Et qu’on parle maintenant d’une deuxième peine administrative : la rétention - sur le bord de la route - du permis de conduire, en attendant la décision du préfet, qui prendra lui même une décision en attente du jugement !

    À la suite d’un accident mortel, l’automobiliste soupçonné d’avoir commis un excès de vitesse ou d’avoir à tort doublé une personne (…) pourra voir son permis suspendu durant 72 heures. Une mesure administrative suivie d’une suspension préfectorale allant jusqu’à un an [dans l’attente du jugement]
    Le Figaro : les voitures des chauffards bientôt confisquées

    Ils se plaignent de la difficulté de prouver son innocence, une soit-disant nouveauté, alors que les formulaires des radars automatiques font tout pour que le titulaire de la carte grise dénonce le conducteur, et que l’Etat renacle à accepter les contestations

    Dans la discussion sur HADOPI, les arguments ne portaient pas sur la liberté individuelle, ou sur la présomption d’innocence, mais sur l’argent des artistes maisons de disque. En matière de sécurité routière, les journalistes ne s’interrogent pas non plus sur ces sujets, mais sur l’aspect financier :

    La confiscation est une source de revenus pour l’État. Mais nécessitera une meilleure organisation des tribunaux. « Nous nous sommes aperçus que les garages tiraient sur la corde pour nous facturer plus de frais de gardiennage…, explique un procureur du nord de la France. Sans compter les cas où le tribunal oublie de se prononcer sur l’avenir de la voiture après une saisie qui reste ainsi des semaines chez le garagiste. »
    Le Figaro : les véhicules confisqués seront vendus ou détruits

    Je les entends déjà, ceux qui dans ces commentaires ou ailleurs, ne manqueront pas de dire "ah oui mais c’est pas pareil, les voitures, on sauve des vies".

    Mais le principe même d’un principe, c’est qu’il est intangible. Et la présomption d’innocence aurait dû rester un principe. Et quitte à être polémique dans ce billet, allons encore plus loin : le débat de fond est bien plus important que celui de la vie humaine, c’est celui de la liberté, et de la démocratie.

    Soyez inquiets messieurs, mesdames, il ne vous reste plus que ça. Et vous verrez bien assez vite que nous sommes loin d’avoir tout vu.

    Et laissez nous la colère. Et la tristesse, l’amertume, la rage d’avoir eut raison trop tôt.

    C’est fait. Après 3, ou 4, peut être même en fait 5 ans d’essais et expérimentations, le gouvernements lance une nouvelle générations de radars automatiques, cette fois pour les feux rouges. Toute la presse s’en fait largement écho, relayant complaisamment non seulement les chiffres mais aussi l’argumentaire gouvernemental sur le sujet  [1] . Comble de l’ironie, ils ne prennent même pas la peine de réfléchir un tant soit peu à ce qui leur est proposé, pour preuve cet article du jdd (ouaip, pas d’chance, aujourd’hui ça tombe sur eux).

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    Reprenons depuis le début.

    Au commencement (entre 1868 et 1914 selon les pays) apparaît une nouvelle forme de signalisation, destinée à accorder ou non le droit de franchissement d’un carrefour : vert, c’est autorisé ; rouge, c’est interdit. Et c’est en 1934 (pour la France) qu’apparaît un feu intermédiaire, le jaune (en fait orange) pour indiquer l’apparition prochaine du feu rouge et de l’obligation de marquer l’arrêt.

    Il y a quelques années, constatant que les automobilistes (pour faire court  [2] ) prennent de plus en plus de liberté avec les feux rouges, est introduite l’obligation de marquer l’arrêt dès le feu orange, à moins que l’arrêt ne puisse se faire dans de bonnes conditions de sécurité (mais il est dans la pratique quasiment impossible de démontrer l’impératif d’urgence en cas de verbalisations).

    Pour autant, la modification du code de la route n’aura pas eu l’effet escompté, une fois de plus.

    Empilage législatif ; absence de communication institutionnelle sur la circulation en ville, de moyens humains, de contrôle sur l’efficacité de la loi a posteriori ; contexte politico-sociétal favorisant le développement du "chacun pour soi", les arguments sont largement connus, qui ne concernent d’ailleurs pas uniquement la sécurité routière.

    L’apparition des radars automatiques au début des années 2000 laissait apparaître le saint-graal : la possibilité de surveiller, contrôler, verbaliser sans même une présence humaine, sans risque médiatique concernant des objectifs chiffrés donnés aux forces de l’ordre et des dénégations difficiles.

    Seulement voilà. Ca ne marche pas, pas encore, au bout de plusieurs années.

    La semaine dernière, rentrant de nuit chez moi, je passais par le quai François Mitterand. Peu de circulation, un autre motard à côté de moi, qui arrive au feu du Pont du Carrousel quelques secondes avant moi. C’est là qu’est installé l’un des tout premiers radars à feux rouges lancé en expérimentation.

    Une bonne seconde et demi après que je me sois arrêté à côté de lui, 3 crépitements de flash rapides, le dernier un peu plus espacé, nous font nous retourner. Nous sommes seuls au carrefour, tous les deux arrêtés, pieds à terre, et en deça de la ligne de feux, et pourtant, nous venons de nous faire flasher. Pourquoi, comment ? Mystère.

    Evidemment, je n’ai pas reçu de PV, puisque l’appareil est encore en test.

    Quand bien même, la question de leur efficacité est posée, notamment dans le cas d’un franchissement de feu rouge nécessité par l’obligation de laisser le passage d’un véhicule prioritaire. Que disent à ce sujet les responsables de la sécurité routière ? Rien. Quelles questions les journalistes ont-ils posé à Michèle Alliot Marie à ce sujet ? Aucune.
    Comment l’appareil, dont le but est justement de ne pas tenir compte des cas particuliers, tiendra-t-il compte de la dérogation accordée au franchissement de feu orange pour des questions de sécurité ? Aucune question, aucune réponse.
    Comment l’automobiliste ou le motard pourront-ils dans ce cas se défendre, quels documents devra-t-il apporter ? Ni question, ni information.
    Et la procédure de contestation, complexe, lente et arbitraire, des radars automatiques sera-t-elle transposée, notamment dans ce cas ? Aucune réponse à donner, les journalistes sur ce sujet également n’ont pas fait d’enquête ou simplement posé de question.

    Seule trouvaille des pontes de la sécurité routière : une nouvelle modification du code de la route :

    Histoire de continuer à changer les mentalités, les feux tricolores vont voir leur fonctionnement modifié. L’orange clignotera alors que le feu est encore au vert, pour mieux avertir les conducteurs de l’apparition du rouge. (source)

    Remarquons d’abord l’aberration : le feu restera vert (donc signal de passage autorisé), mais l’orange sera allumé (donc interdiction de passer). Amis schyzophrènes, bonjour.

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    Ensuite, c’est le Parisien qui reprend sans sourciller l’affirmation mensongère fausse de la patronne de la sécurité routière, Michèle Merli, selon laquelle cela s’applique déjà dans les pays anglo-saxons (puisque c’est devenu maintenant un argument non contestable : ce qui se fait ailleurs, particulièrement dans les pays anglo-saxons, est bon pour la France).

    Tous ceux qui auront voyagé en Angleterre ou aux USA (ou même à Hong Kong) auront rectifié d’eux-même : la bas, le feu orange s’allume, non pour annoncer le passage du vert au rouge, mais au contraire pour annoncer le passage du rouge au vert. Il semblerait que la seule - et isolée - Italie ait appliqué ce système.

    Enfin, même si c’est bien dans l’air du temps, je reste particulièrement étonné par cette logique contemporaine que, puisque ça ne marche pas, on essaye encore :
    - on met un feu rouge pour interdire le passage
    - ça ne marche pas assez bien, alors on met un feu orange pour prévenir de l’apparition du rouge
    - ça ne marche toujours pas bien, alors on met une machine pour verbaliser, et on change l’orange fixe en clignotant

    Je gage que cela ne fonctionnera toujours pas. Oh, bien sûr, à force de régenter notre société par la peur, les conducteurs feront plus attention. Mais on évitera pas les inattentions, les camions ou bus qui bloquent la vue du feu, ou le piéton qui s’engage sans regarder au prétexte qu’il en a le droit. Alors, on rajoutera un feu vert clignotant, qui préviendra de l’orange clignotant, qui préviendra de l’orange, qui préviendra du rouge.

    On gagnera quelques vies, on s’en félicitera chaudement, les machines sont tellement supérieures à l’homme. A ce titre, on nous promet déjà la voiture qui conduira toute seule.

    Il faut dire qu’il est beaucoup plus facile d’imposer qu’apprendre, contrôler que responsabiliser, asséner que communiquer.

    La politique n’est plus l’art du possible, c’est devenu l’art de la facilité. Au grand bénéfice des machines et de leurs constructeurs, au grand dam de l’intelligence collective.

    Notes

    [1] Comme quoi certains actes ne sont pas isolés.

    Malheureusement, il n’y a pas de communauté d’utilisateurs de la route, comme de chercheurs, qui pourrait massivement précipiter la chute des organes de propagande au profit d’un modèle nouveau …

    [2] même s’il est probable que les motos soient moins concernées, vu la conscience de fragilité de leur pilote

    Ne boudons pas notre plaisir

    mardi 3 mars 2009, par Ydikoi

    Voilà, c’est officiel, tout beau, tout frais, encore chaud : la direction de la sécurité routière (DSCR) abandonne officiellement la procédure VE pour les motos. Pour les voitures, elle reste officiellement en place, mais tellement dénaturée que c’est une véritable reculade du gouvernement, et une complète victoire pour la FFMC.

    En tout fin d’année dernière, le lièvre était levé, presque par hasard : en même temps que la mise en place du nouveau système de plaques d’immatriculations, la DSCR prévoyait la sortie d’un décret réformant la procédure "véhicules accidentés".

    Aussitôt, la ffmc et la Mutuelle des motards montaient au créneau, dénonçant une procédure arbitraire (les pandores pouvaient retirer la carte grise de la moto sur un simple soupçon de dangerosité), injuste (en cas d’abus, il était impossible de se retourner contre l’Etat, et les 500€ de coût estimé n’étaient pas remboursés), et inefficace (l’état du véhicule compte pour moins de 1% dans les accidents de moto).

    Il faut reconnaître à la FFMC sa capacité de mobilisation, non seulement dans le monde deux-roues (constructeurs & importateurs, professionnels du deux-roues, codever, ffm), mais aussi la voiture, avec notamment 40 millions d’automobilistes. Sans compter l’inénarable FFSA, qui a essayé comme elle le pouvait de se raccrocher au train et de défendre ses assurés marges.

    Aujourd’hui, la FFMC pose la question de maintenir ou pas la manifestation des 21/22 mars prochain.
    Pour moi c’est clair : cette procédure VE n’était pas la seule, ni la dernière, des mesures arbitraires, injustes et inefficaces de l’Etat et de cette présidence. Le symptôme a peut-être disparu, mais la maladie est toujours là, et justifie donc la manifestation.

    Enquête exclusive (d’audience)

    lundi 23 février 2009, par Ydikoi

    Quoi, celui qui fût - un temps - sacré "genre idéal" récidive ? Et ose refaire, cinq ans après, le coup de "zone interdite", un reportage cinglant et dénaturé sur les deux-roues ? Rholàlà, comme c’est surprenant.

    A l’époque, "des motards" avaient lancé un appel à manif sur le net, vite repris par la FFMC (huhu :->), et on avait planté nos béquilles pendant plus d’une heure devant le siège de la petite chaîne qui montait, jusqu’à obtenir un droit de réponse (le rappel de toute l’histoire est ici) : quarante minutes d’enregistrement, à peine dix diffusées à l’antenne, et près d’une heure de discussion ensuite (hors antenne) avec Bernard de la Villardière, son producteur, et son journaliste. Pour eux les règles étaient claires : il faut faire de l’audience, les "choses qui marchent" ne les intéressent pas. Fin de la discussion.

    Quelques mois après, j’ai retrouvé La Villardière aux Etats Généraux de la Sécurité Routière organisés par Sarkozy, encore ministre de l’intérieur mais déjà en campagne. Il y faisait un ménage en étant l’animateur principal. Son discours n’avait pas bougé d’un poil, débitant la communication officielle sans sourciller ni douter. Il n’avait pas apprécié que je le lui fasse remarquer, me tournant le dos alors que je lui parlais encore.

    Cinq ans plus tard, ce n’est plus zone-interdite mais enquête exclusive. La principale différence est que Enquête Exclusive met en scène La Villardière, quasi omniprésent, de l’émission. Et celle d’hier soir reprenait exactement le même fil conducteur que l’ancienne :
    - une bande annonce choc, des mots forts et des images violentes d’accidents spectaculaires ;
    - un début de reportage sur les 50cm3, forcément débridés. Choc et spectaculaire.
    - la suite du reportage avec un coursier. Choc et spectaculaire, encore.
    - la fin du reportage à Garches, avec les vues - choc et spectaculaire - des accidentés de la route.

    Comme la première fois, les concepts sont mélangés, les chiffres assénés, des généralités tirées de détails, aucune réflexion de fond engagée. C’est à l’évidence un travail de montage professionnel, mais est-ce un vrai travail de journaliste ? Est-ce une surprise pour une émission de La Villardière ?

    A l’évidence, il n’a rien voulu retenir de sa précédente émission sur le sujet, ni de notre discussion. Alors soit la Villardière est con, soit il est intellectuellement malhonnête.
    Il est à l’évidence loin d’être con ;
    Pour autant je ne peux pas dire que ce soit un escroc, ça serait de la diffamation.

    Mais si j’utilisais les mêmes méthodes que lui, j’en déduirais que tous les journalistes sont pourris et vendus à Sarkozy, ce que je ne ferai pas, ils m’en voudraient bien trop :-D

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