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une famille formidable

    Un été plein de promesses

    samedi 4 septembre 2010, par Ydikoi

    Il a commencé dans le stress, le stress d’une rencontre, vingt ans après, une rencontre entre parents et fils, motivée par une phrase mystérieuse pour eux, un projet qui lui tenait à cœur, et un frère qui avait décidé de mettre son grain de sel.

    Un lundi de juillet, à la fin de ce mois caniculaire, calfeutrés dans le salon, autant pour se protéger du soleil que d’improbables oreilles indiscrètes, parents et enfant ont commencé la discussion, ouverte par les questions affirmées d’une mère encore tranquille. Et puis, il a fallu choisir, continuer dans un système improbable commencé vingt ans plus tôt, ou briser le tabou et les murs, exposer, sans fard ni pudeur, la réalité d’une vie banale mais particulière. En quelques dixièmes de secondes, l’opportunité était là, la décision faite. Il y a étonnamment eu peu de surprises, si ce n’est que les larmes ne coulent pas plus. Et la promesse de nouvelles relations, d’un avenir -forcément- meilleur.

    Mi août, je repartais passer quelques jours en mer. Bateau intrigant, skipper inconnu, équipage disparate, je m’étais -littéralement- lancé à l’eau, prenant le risque de me retrouver face à un autre Zeboss, de vivre dix jours dans un espace réduit avec des inconnus complets, de confirmer cette désagréable impression d’inconfort et de malaise ressentie face à l’ovni 435, bref, d’être déçu par cet embarquement.

    Au final, il n’en est rien. L’équipage s’est révélé soudé, le bateau, un formidable marcheur. Le temps n’a pas été au beau fixe (mais était-ce une exception ?), mais il a donné des couleurs et ambiances assez extraordinaires.

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    Glandore

    Parfois, le soleil a bien voulu se réveiller, dans sa majesté. Pour un ou deux rayons seulement, le plus souvent, mais toujours réveillant la majesté des couleurs et des lieux. Ces instants étaient rares, mais sompteux.

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    les dauphins du mouillage

    Rarement nous aurons été au port, plus souvent au mouillage, et parfois même à l’échouage. C’est, dans ces circonstances, une bien étrange sensation que de baisser l’échelle, descendre les quelques marches, et poser les pieds sur la terre ferme -mouillée, mais ferme- lorsqu’on vit sur un bateau. Jamais plus je n’écouterai de la même manière cette fameuse comptine Maman les p’tits bateaux, qui vont sur l’eau, ont-ils des jambes ?

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    Beaching à marée basse

    Les marins ne sont finalement pas si éloignés que ça des motards : ils discutent entre eux de leurs faits -héroïques-, se regroupent entre propriétaires de même modèles. Heureusement, comme à deux roues, les rencontres sont variées, qu’il s’agisse de vieux gréments, de jeunes marins -doués pour certains, mais encore largement en devenir-, une variété jamais démentie de personnages, d’histoires, de modes de vie.

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    Roscoff : leçon d’optimist

    Et puis, on ne peut parler voyage en mer sans évoquer les couchers de soleil. Ils sont tous différents, dans leur intensité, leurs reflets, mais tous sont spectaculaires et laissent sans voix, particulièrement quand le ciel s’embrase en entier. Malgré le froid, malgré l’humidité, on est figé, respiration bloquée, pendant de longues minutes avant que la nuit ne tombe.

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    Coucher de soleil flamboyant sur Batz

    Toutes les photos (enfin, celles qui restent après un premier écrémage) sont visibles ci-dessous :

    ou alors sur la page flickr correspondante, bien sûr.

    Il faut qu’on parle

    mardi 20 juillet 2010, par Ydikoi

    Le dernier week-end passé chez eux, j’espérais bien que nous parlerions un peu. Hélas, nous avons beaucoup discuté des soucis que leur causait Tudikoi, et Elledikoi, et aussi un peu de ceux de LuiDikoi. J’ai senti progressivement que je me lassais d’entendre toujours parler d’eux, j’aurais bien aimé que la conversation, au bout de ces trois heures, prenne un tour plus personnel. Mais elle s’est éteinte d’elle-même, je n’ai pas voulu apporter ma pierre à un édifice de tristesse qu’ils ont déjà bien bâti.

    Quelques jours après ce week-end, nous dinions de nouveau ensemble. Discussion banale comme souvent, agréable mais superficielle, revenant sur les projets à moyen terme qu’ils développent, sollicitant mon avis, mon intérêt. Une fois, deux fois, j’ai expliqué que je n’avais d’autre intérêt que partir. Deux fois, le silence s’est fait, ils n’ont rien relevé.

    Les raccompagnant chez eux, j’ai finalement interrompu leur bavardage, et nous avons discuté, un peu, debout sur le trottoir.
    - Il faudra bien que vous vous y fassiez
    - Ca n’est pas une bonne idée, vraiment pas
    - Un jour, vous contenterez vous d’être juste contents pour moi, sans avoir à mettre vos inquiétudes de parents de côté bien sûr ?
    - Non, ça n’est pas possible

    Et puis ce soir, un coup de fil tardif, inhabituel : il faut qu’on parle. Qu’on prenne le temps de parler. Viens. Trois jours, il ne faut pas être pressé par le temps.

    Tu dis quoi ?

    jeudi 27 mai 2010, par Ydikoi

    Ca faisait un moment que je n’avais pas dîné avec lui. Toujours il m’appelle quand il débarque à Paris, mais souvent trop tard, ou alors les agendas ne coïncidaient pas.

    Hier soir, ce n’était pas le même Tudikoi qu’il y a quelques mois. Détendu, souriant, il m’a parlé longuement de sa vie actuelle, de ses enfants, de cette procédure si dure qui lui fait - aussi - grincer des dents. Il faisait vraiment plaisir à voir.

    Le dîner avançant, le sujet a forcément glissé sur moi, et sur une promesse ancienne de quelques mois, que j’avais oubliée, de parler le jour où lui parlerait. Ses questions se sont faites plus pressantes que les fois précédentes, mais j’étais décidé à ne rien dire de ma propre initiative. Alors il a finalement posé la question, et j’ai répondu par l’affirmative.

    S’en est suivi une longue discussion, où j’ai parfois été dur avec lui, lui rappelant des mots qui blessent, les périodes de doutes dont il avait pu - à son corps défendant - être la cause.

    L’émotion était forte, des deux côtés. Mais je l’ai trouvé belle, et savourable : c’était la première de cette nature, avec lui. Je l’ai goutée, avec délices.

    Et puis, accessoirement, il m’a confirmé que PapaDikoi m’avait bien reconnu, avait bien tout compris, et que de fait, il n’en parlait pas, et peut être jamais.

    Etrange famille formidable, décidemment.

    Un si bon papa

    dimanche 7 mars 2010, par Ydikoi

    C’était … il y a bien bien longtemps, je venais de quitter le primaire, et donc la classe communale. Pas question pour moi, comme pour mes frères et sœur, d’aller au collège du chef lieu de canton, de mauvaise réputation : mes parents nous ont mis à l’internat, à 40km de là. Sortie du cocon familial, découverte d’un nouveau monde, la ville, le dortoir à 50 en préfabriqué et sans chauffage, la douche une fois par semaine … et les copains.

    Il n’y en a pas eu beaucoup, mais quelques uns avec lesquels s’est nouée une amitié forte, qui perdure encore dans un ou deux cas. Juju en faisait partie, copain d’abord de Tudikoi, mais par notre proximité d’âge, nous nous le "partagions" parfois. Et puis, il y a eu ce week-end chez lui. Une petite maison de banlieue, qui nous paraissait pauvre, un petit jardin minable pour nous habitués au grands espaces de prés et de forêts. Mais, pour compenser et rester dans notre souvenir commun encore aujourd’hui, un week-end complet à jouer avec son père, au foot notamment.

    Jouer avec son père !! Vous ne vous rendez peut être pas compte, mais à nos yeux d’enfants émerveillés, peu nous importait la maison, le jardin, la banlieue : nous brûlions d’envie, de jalousie peut être aussi à l’égard de Juju qui avait son père pour jouer avec lui. Certes, il avait un emploi modeste, c’était un ingénieur, à la vie réglée comme sur du papier millimétré, avec des horaires de fonctionnaire, pensez-vous. Mais il avait son père pour jouer avec lui, lui !

    Et puis son père, il fallait le voir : il était grand, très grand. Et mince, sportif. Tout le contraire de Papadikoi en somme, lui qu’on ne voyait jamais, trop occupé à gérer ses affaires ; lui que je n’ai jamais connu qu’avec une bedaine imposante, et que seul un vague souvenir m’indiquait qu’à une époque, lointaine, il avait joué (un peu) au tennis. Non, rien à voir vraiment : le père de Juju jouait avec ses enfants, et il était disponible, mince, et sportif.

    Ce soir là, en rentrant à la maison, nos yeux crépitaient encore de cette après midi merveilleuse, à tel point que Tudikoi fini par lâcher cette terrible phrase “lui c’est vraiment un bon papa”, que Papadikoi continue, encore aujourd’hui, à nous rappeler avec une grosse émotion.

    Cet après midi, le radiateur électrique de ElleDikoi sur le dos, je revenais chez moi d’un pas vif. Au coin de la rue, j’observe du coin de l’œil ce couple de septuagénaire, elle pomponnée, mais lui surtout, grand sec, le visage à peine marqué par les âges, superbe. J’ai un instant de doute, autant elle ne me dit rien, autant lui … c’est bien lui, le père de Juju.

    Un homme qui n’avait pas un emploi si banal que ça, ingénieur peut être, mais dans une très haute technologie, brillant, au point d’être encore, à l’heure de la retraite, une des sommités de son domaine. Un homme discret, aux horaires de fonctionnaire peut être, mais aujourd’hui big boss dans sa filière.

    Mais surtout, près de trente ans plus tard, c’est toujours le même : aussi grand, et droit comme un “i”, une classe énorme, un chic fou, un mec, un beau, un vrai. Sauf qu’il a vieilli, et ça le rend encore plus beau.

    le porte feuille

    lundi 28 décembre 2009, par Ydikoi

    Chaque année, c’est le même rituel, la même question qui revient : “et toi Ydikoi, tu as fait ta liste ?”. Cette seule phrase me hérisse le poil (que j’ai rare, pourtant), tellement elle symbolise ce que je déteste dans cette période, progressivement passée dans notre famille tout du moins, de la fête à une sorte d’obligation de faire la fête.

    Il y a une époque, pas si lointaine, où nous avions pour règle de répartir nos cadeaux, chacun ne donnant qu’à un seul membre de la famille. Outre l’aspect financier, non négligeable, cela obligeait également chacun de nous à faire un effort conséquent pour que ce cadeau unique soit non seulement beau, mais également très plaisant pour son récipiendaire. Mais le fait de n’avoir qu’un seul cadeau à faire laissait le temps, et la disponibilité, pour chercher ce présent qui ferait réellement plaisir. L’important n’était pas le cadeau, mais la fête, ensemble, tous ensemble, et le plaisir de faire plaisir. Chacun des cadeaux que je recevais, beau ou non, inutile ou pratique, personnalisé ou pas, contenait une part intime de celui qui me l’avait donné. C’était un bout de lui, un bout de notre relation.

    Mais voilà. Les habitudes changent. Fini le cadeau unique, voici venu le temps de "la liste", ce supermarché des envies où nous n’avons plus qu’à piocher pour s’assurer de faire mouche. Foin de notre connaissance intime de l’autre, foin de la surprise, foin de l’investissement personnel : il suffit maintenant de se balader dans les rayons, regarder les prix, choisir l’article, ou ceux, que l’on peut supporter. Société mercantiliste, jusque dans le don.

    Au supermarché des envies, je me suis toujours baladé l’air absent, poussant mon caddie avec désœuvrement, sauf pour les enfants, pour qui le cadeau compte tout autant - voire plus - que l’intention qui le porte. Pour les adultes, mes frères et sœurs, mes parents, je me suis toujours affranchi de leurs envies, pour trouver, autant que possible, quelque chose qui non seulement leur fasse plaisir, mais aussi, et surtout, me corresponde, un cadeau dont je pourrais être fier, d’avoir eu l’idée, et l’envie, et le plaisir, de donner. Et quand on me demandait ma liste, j’avais pour habitude de répondre de manière évasive.

    Cette année pourtant, quand Mamandikoi a entonné sa demande annuelle, j’ai répondu du tac au tac.

    Je me trimballe depuis près de vingt ans maintenant avec le même portefeuille que je traîne depuis mon dernier séjour aux US. Je l’avais dégotté dans un repaire de cow-boys, loin des circuits touristiques, au fin fond de l’illinois (ou était-ce l’indiana ? je ne sais plus) le plus profond. Du costaud, du massif, qui aura bien vécu. Mais voilà, même la vache la moins génétiquement modifiée n’a pas le cuir assez épais pour supporter mon foutoir ambulant : depuis quelques années, le cuir se tanne, les coutures faiblissent, le plastique sèche et craquelle.

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    J’avais repéré il y a quelques années, dans une boutique anodine de mon quartier, un portefeuille qui combinait plusieurs avantages : même taille, joli cuir, et une marque (tout aussi anodine) de fabrication française, et de qualité, qui laissait présager une durée de vie certaine. Et je m’étais dit qu’un jour, j’en aurais un, malgré son prix (car oui, la boutique peut être anodine, ça n’en est pas moins une boutique qui reste luxueuse).

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    Tout ça m’est revenu en une demi seconde, à l’instant même où MamanDikoi finissait de prononcer sa ritournelle. Et puisqu’elle voulait une idée, elle allait en avoir une, même à un prix indécent. L’après midi même, je lui envoyais par mail les deux exemplaires que j’avais repéré sur le site de cette anodine boutique, prêt à voir jusqu’où irait cette absurdité.

    Je n’ai pas tout de suite remarqué le paquet, posé sur le fauteuil, au milieu des trois ceinturons, de la bédé (je ne vous la recommande pas), un petit carton d’un marron très chic, forcément, rehaussé d’un ruban vert pastel. Je l’ai ouvert, sachant évidemment son contenu, et ai remercié Mamandikoi, bien sûr, j’étais sincèrement content de ce cadeau, hors de prix, absurde, mais beau cadeau, et utile. “Vraiment, quand je l’ai vu, je n’ai pas compris ce que tu lui trouvais, il n’a vraiment rien d’exceptionnel. Mais enfin, si ça te fait plaisir …

    Mais voilà. Alors qu’elle avait toutes les cartes en main, Mamandikoi ne m’a pas offert l’un des modèles que je désirais. Un porte-carte plus qu’un porte-feuille, pour lequel je n’avais pas vraiment d’utilité. Gêné, je lui demande si elle voit une quelconque objection à ce que je change l’objet. Aujourd’hui, pour la première fois de ma vie, je suis donc allé échanger un cadeau de Noël, qui plaisait tellement peu à son auteur qu’elle avait commis un bel acte manqué.

    J’aime de moins en moins Noël, décidemment. Mais au moins, j’ai un beau porte-feuille, maintenant.

    Pure coïncidence, en même temps que je relève la prose de ReadWriteWeb sur la sagesse des foules, j’arrive parallèlement, de manière beaucoup plus empirique, à la même conclusion.


    Petits soucis avec la télévision via Free, je suis impressionné par la qualité de la hotline. Apparemment, c’est une nouvelle organisation, régionale. Elle est encore en test, mais vu la qualité d’écoute et des procédures de dépannage, je veux bien qu’elle passe en production ! D’autant plus que, puisqu’elle est en test, le technicien qui doit passer chez moi après demain ne me sera facturé !


    Deuxième offre d’embarquement. A la première, pour relier Rio de Janeiro aux Antilles, sur un gros et (beau) voilier, j’ai répondu que …je ne savais pas quoi répondre, vu que je débutais dans les bourses aux équipiers. Visiblement, ça n’a pas du lui plaire, il ne m’a pas recontacté.
    Alors pour la deuxième, un convoyage de bateau entre les Sables d’Olonne et Toulon (3.000 km, soit 1.600 miles marin environ) et sur le bateau de mes rêves (ou presque), je me suis appliqué. J’en attends beaucoup, la traversée du Golfe de Gascogne, au temps souvent capricieux, est une bonne formation.


    Shark fait (enfin !) évoluer son evoline (présentation en video sur motomag.com). Je m’amuse de voir que tous les points apparemment modifiés sont ceux que j’avais critiqué il y a … plus de dix-huit mois !!! Comment ont-ils pu attendre autant ?
    Deuxième amusement, je suis maintenant en deuxième place sur Google quand on recherche de l’info sur ce produit, alors que le site officiel de la marque n’est qu’en 7e position !! Allez quoi, les mecs, arrêtez de subir, faites quelque chose, c’est pas sérieux, quand même !


    Tudikoi fait consciencieusement tout ce qu’il faut pour mourir en héros, développer un cancer, ou quelque chose d’approchant. Cet enfermement sur lui-même, des mauvais choix au mauvais moment (bah, c’est connu, c’est en période de stress qu’il est le plus conseillé d’arrêter de fumer ET de boire, sans soutien ni palliatif), le refus de toute aide, matérielle ou autre, est proprement stupéfiant. Mamandikoi est littéralement sans voix, repliée sur elle-même. Mais elle l’a au moins entendu quand trois personnes différentes lui en ont fait la remarque. Quant à Papadikoi, il fuit, dès qu’il peut, comme il peut.
    Et tout ce petit monde fait semblant d’ignorer que Cousine2Divoir vient de mettre son mari à la porte, qui la trompait depuis plusieurs mois. Pourquoi PapaDikoi en parlerait à son frère l’oncle Divoir, puisque la stratégie commune, dans les deux cas, est de ne pas en parler, pour ne pas rendre les choses irréversibles ? Leur aveuglement fait peine à voir.

    Florilège

    mercredi 29 juillet 2009, par Ydikoi

    Assis tranquillement sous le soleil bourguignon, à siroter le café du matin en famille.

    tu sais, je lui ai bien dit : "à moins de vivre avec un taré, un malade mental ou un homosexuel, le divorce n’est pas la solution"

    Mixed message …

    jeudi 23 juillet 2009, par Ydikoi

    C’est le big brother outre-manche : un anglais et un brésilien qui se font des papouilles dans le bain (uhuh, discret ça)

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    http://www.ohlalamag.com/.a/6a00e54...

    puis un petit baiser chaste dans le lit (uhuh, ça aussi c’est discret), et y’a même une video (via ohlalamag).

    Pendant ce temps, chez les ricains, c’est un jeune homo qui n’a plus de nouvelles de son lover, qui aurait été envoyé dans un camp de ré-orientation sexuelle (via gayclic).

    Et puis, autour de mon petit nombril, enfin une discussion dépassionnée avec PapadiKoi et MamanDikoi, et EllediKoi, sur le divorce de TudiKoi, d’où il sortira quand même que l’horreur absolue, c’est quand même Untel qui a quitté sa femme pour un homme, alors qu’il n’était pas du tout comme ça.

    Pendant ce temps là, Canal+ diffusait ses lauréats du court métrage contre l’homophobie. On en a entendu parler sur la chaîne, sur quelques sites (via Da Pingui) mais ailleurs … ? Y’a du boulot, encore.

    J’aime beaucoup FusionMan … non ?

    Le sceau de l’infâmie

    samedi 13 juin 2009, par Ydikoi

    Il y a cinquante ans, peut être un peu plus, la sœur aînée de Mamandikoi s’entichait d’un homme de vingt ans son aîné. Elle alla au mariage, malgré les injonctions de ses parents : il était plus vieux qu’elle, professeur de philosophie, communiste. Mais surtout divorcé.
    « Tu resteras toujours notre fille. Mais si tu te maries avec lui, sache que tu ne seras pas bienvenue dans cette maison avec ton mari. Tu pourras revenir, mais seule ». Elle n’y a, évidemment, jamais remis les pieds.
    Cinquante ans après, ma mère et elle ne se parlent qu’une fois par an, pour son anniversaire.


    Il était évident qu’il ne fallait pas amener le sujet de front. Presque autant j’imagine que nous ne pourrions l’éviter longtemps.

    Ca n’est qu’au détour d’un sujet à la noix - les vacances d’été - que j’ai pu placer Tudikoi dans la conversation. Puis tout doucement, quitte à parler de lui et de ses enfants, est venu son divorce-à-venir.

    Je les ai laissé parler, je voulais comprendre, aller au fond de leur pensée. Mais ils sont restés très … neutres, parlant des enfants, de son émotion à lui, de leur espoir à peine mort que les choses finissent par s’arranger, qu’il fasse ce qu’il fallait pour.

    J’ai donc mis les pieds dans le plat. Avec beaucoup de précautions. En tournant ma langue non pas 7 fois, mais 20 bonnes secondes dans ma bouche. « Vous savez, je pense que TuDikoi et moi, on est assez proche sur ce plan là, et probablement s’il était ému, c’était autant pour des raisons factuelles, que des raisons inconscientes, ce que le divorce évoque en nous ».

    Face à leur apparente incompréhension, il fallait bien que je précise un peu plus : « il va falloir qu’il se fasse déjà à l’idée d’un nouveau départ après 20 ans de mariage, leur échec, les enfants, les accompagner, leur expliquer … ; et puis il va devoir affronter le regard des autres, et ça lui fait peur »

    Le regard des autres ? Quels autres ? et quel regard ? « dans notre … édu esprit, enfin, surtout dans le sien, moi je l’ai évacué il y a pas mal de temps, dans son esprit, je crois que j’ai bien compris ce qu’il m’a dit à demi-mots, le divorce, il y a quelque chose d’infamant dans le regard des autres ».

    Papadikoi, le nez dans son assiette, s’applique à décortiquer son os de poulet. C’est elle qui continue : « oh, infamant, c’est un petit peu trop fort quand même … (silence, pendant que je digère le "un petit peu") et puis, après tout, il a quand même rompu sa promesse de fidélité ».

    « Sa promesse de fidélité ? A ce que je sache, il divorce, il ne vous a pas annoncé qu’il baisait à droite à gauche !? »

    « Oui, mais enfin, Ydikoi, on est dans une société où tout le monde dit que c’est très bien, où la télé nous abreuve d’images d’enfants divorcés en nous faisant croire que ça ne change rien, il n’y a plus personne qui y voit quelque chose de mal, hélas … » c’est tout Papadikoi, venant au secours de sa femme en difficulté, avec des arguments à l’emporte-pièce, lui qui ne regarde jamais la télévision - sauf, de temps à autre, le journal de TF1, ce que je lui fait remarquer.

    « Pourtant, vous auriez pu sauter sur votre chaise quand j’ai prononcé le mot “infamant”, et vous ne l’avez pas fait, il n’y a aucune raison que vous soyez les seuls »

    Elle rebondit sur son argument « Tu sais, nous avons encore quelques amis, mais plus beaucoup, quand on parle de divorce qui nous disent “oh nous, on a de la chance, on est encore épargné par ça” » … et changea de conversation.

    la chape de plomb

    vendredi 12 juin 2009, par Ydikoi

    Je ne me doutais pas que cela irait aussi vite.

    Hier après midi, je retrouve sur mon téléphone un message d’EllediKoi, une voix terne, triste « salut Ydikoi, c’est moi … enfin … voilà, je voulais parler avec toi de tout ça … Je t’embrasse ». Je réécoute le message pour être sûr, mais elle ne dit pas à quoi ce tout ça se rapporte … forcément de Tudikoi.

    Je l’ai rappelée dans la soirée. Je la dérange un peu, elle est occupée, elle aurait aimé, je le sais, pouvoir parler tranquillement, ça sera plus bref. Elle est d’une tristesse infinie, comme si un membre de la famille venait de mourir, ne comprenant pas que Tudikoi n’ait pas fait ce qu’il fallait pour sauver son mariage « Tu sais, je suis une femme … je peux te dire … s’il avait vraiment voulu, il aurait fait ce qu’il fallait … ». Je n’ose pas demander plus d’explications, je n’aime pas m’étendre sur ma méconnaissance totale des mécanismes de fonctionnement féminins.

    Mais c’est clair pour elle, au delà de toutes les raisons qui ont mené à ce naufrage, le mariage aurait pu être sauvé, il aurait du le sauver. J’essaye de montrer les choses de manières positives, que Tudikoi semble déjà beaucoup évoluer, et qu’il pourra peut être grâce à tout ça, être enfin bien dans ses baskets et dans sa vie une fois cette épisode passé. Elle dit d’accord, mais sa voix dit le contraire : une tristesse infinie, profonde, dramatique.

    Ce matin, c’est MamanDikoi qui m’invite à déjeuner. Je crois que c’est la première fois de ma vie que je l’entends dire « Non, ça ne va pas, pas très bien » d’une voix lasse. Je sais la raison bien sûr, mais forcément je dois demander pourquoi : « Eh bien, tu le sais, Tudikoi t’a téléphoné … voilà, c’est suffisant »

    Je le sens bien, depuis le temps que je travaille avec le docteur Krollspell, une grande partie de la réflexion que j’ai depuis quelques mois tourne autour de cette idée que beaucoup des idées, des conceptions que je peux avoir ne sont que des constructions personnelles, déformant la réalité passée par un filtre inconnu - que je découvrirais, ou pas.

    Je savais, au fil des discussions avec Tudikoi, que le passage serait délicat pour lui : nous n’avons que peu d’écart, notre éducation est donc de la même époque, j’ai entendu les mêmes discours lénifiant sur le divorce, nous avons des filtres en commun. Mais au fur & à mesure de ses discussions familiales, qu’il me faisait passer ce message que « on peut tout leur dire, ils écoutent, les parents », une partie de moi avait envie de croire à une évolution possible.

    J’avais encore quelques réticences bien sûr : le divorce n’est que (si on peut dire) l’acheminement d’un processus fait à deux personnes, en aucun cas une représentation de ce qu’est intrinsèquement aucune des deux parties prenantes. Alors que dans mon cas, il s’agit bien de qui je suis, ce qui (pour partie) me défini.

    Ainsi, la vision que pourrait avoir ma famille de mon homosexualité, sans être forcément très positive, préjugés obligent, ne serait pas aussi terrible que ce que je crains. Et, petit à petit, je me fais à l’idée, à l’envie presque, de mettre les choses à plat, et casser des années de cloisonnage pour tout mettre à jour.

    En deux coup de fil, j’ai eu tout d’un coup l’impression que l’ouverture qui commençait à se faire dans le toit, montrant le début d’une éclaircie radieuse, vient de se refermer brutalement, et le toit de s’affaisser, tel une chappe de plomb.

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