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voiles

    Un an plus tard

    jeudi 31 mars 2011, par Ydikoi

    Il m’est revenu en tête, naturellement, dans la journée, ce billet quasi prémonitoire, que j’ai écris un an, jour pour jour.

    Je revois le dîner, la veille, avec Mme Marge, dans notre petit japonais, où nous avons sans doute parlé de beaucoup de choses (entre bavards …), mais pas de ça. Et cette idée géniale, en rentrant chez moi, que d’écrire un billet pour ce premier avril, bien sûr drôlement rigolo, d’imaginer un départ en bateau dans de tels délais. Et je me souviens de mon trouble, après l’avoir écris, et publié, et avoir lu les premiers commentaires, trouvant que c’était un poisson d’avril bizarre, me demandant pourquoi, in fine, je l’avais écrit, comme ça.

    Ce billet, je le relis ce soir, et il n’y a rien à changer, tout est juste. Le bateau, les dates, la réflexion. Et je relis vos commentaires, ils me touchent encore plus, un an après.

    Skipper homo

    jeudi 17 mars 2011, par Ydikoi

    A celui qui a débarqué sur ce blog en recherchant "skipper homo recherche équipage", mais sans chercher plus loin, je confirme que c’est bien là que ça se passe :)

    Enfin, pour être plus précis, le skipper homo qui recherche des équipiers se trouve là exactement (et le formulaire de contact aussi).

    voilà, maintenant tu n’as plus d’excuses :)

    La fin d’un début

    samedi 19 février 2011, par Ydikoi

    Pour clôturer une vraie quinzaine de merde, où tout ce qui pouvait aller de travers l’a fait, c’était le grand jour ce samedi, celui de la mise à l’eau. Finalement.

    Pleins d’émotions, un peu de tremblote, c’est la dernière semaine du début d’un parcours initié il y a plus de deux ans, et qui ne fait que commencer.

    Champagne !

    (Et ça se passe par ici)

    Un putain de cadeau

    vendredi 17 décembre 2010, par Ydikoi

    A peine sorti de la gare, je retrouve mon concessionnaire, décidemment portrait craché d’un des frères Baldwin. Nous entrons dans son -gros- 4x4 noir, direction l’usine. A vrai dire, même si j’avais déjà visité le chantier Alubat, et savais donc ce qu’est un "petit" chantier, je ne m’attendais pas à ça : quelques centaines de mètres carrés d’un seul tenant, chacun des ateliers étant symboliquement matérialisé par un rideau ou une ligne peinte au sol. Je suis surpris par le caractère artisanal et l’absence totale d’automatisation, probablement impossible à mettre en œuvre d’ailleurs.

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    Mon bateau est là ! à l’endroit sur sa coque, les entrailles à l’air, toutes cloisons montées, le bois fini d’être traité, enduit, peint. Je m’émeus de le voir là, si long, si large, si grand. Bientôt mien. Mon dieu. Je ne réalise pas encore très bien l’évolution fulgurante de ces six derniers mois, et déjà les six prochains m’effrayent, un peu.

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    Nous changeons d’atelier, c’est la préparation du pont. C’est le mien, celui de mon bateau qui est là, il fait encore plus énorme que l’impression donnée par la coque. Nous détaillons pendant quelques minutes l’action de l’ouvrier, qui semble si petit, puis passons à l’atelier suivant. Et ainsi de suite, jusqu’à visiter l’un des deux RM 1050 tout juste fini, qui attend sa livraison. Ma tête est plein d’étoiles en rentrant à l’intérieur, pendant que le commercial m’explique la mise en œuvre des quelques modifications que j’ai demandées. Je m’interroge in petto sur la place de l’ordinateur, et le radar, et la décoration que je pourrai mettre.

    Moins de deux mois maintenant avant qu’il fasse ses premiers ronds dans l’eau. Que c’est long, que c’est loin. Que c’est proche.

    Quel putain de cadeau de Noël je me fais !

    L’aventure, sans l’aventure

    lundi 22 novembre 2010, par Ydikoi

    Pendant longtemps, la seule idée de traverser les océans en solitaire me ramenait inexorablement à Bernard Moitessier et sa longue route. Littéralement parti du Vietnam avec sa bite et son couteau (et quand même, quelques kilos de riz), il savait tout juste où il allait, sans rien connaître des conditions de son voyage, ni de sa date d’arrivée. Seule certitude : ce ne serait pas particulièrement confortable, il serait en totale solitude, et il ne pouvait compter que sur lui même.

    Près d’un demi-siècle plus tard, même si c’est toujours son histoire qui revient comme un réflexe chez beaucoup, la réalité n’est plus tout à fait la même.

    Du bateau en bois, aux superbes lignes mais lourd et contraignant à entretenir, on est maintenant passé à des bateaux en matériaux composites, aluminium ; ou même, comme “112”, en contreplaqué et matériaux composites, qui allie résistance, légèreté et facilité d’entretien.
    Autant l’intérieur des bateaux de l’époque était étroit et sombre, autant les voiliers modernes, et particulièrement “112”, sont larges et lumineux, avec des zones de vie particulièrement bien séparées. Il y a maintenant de l’électricité, un frigo, souvent de l’eau chaude, certains rajoutent même micro-onde et machine à laver !
    Le confort aux manœuvres s’est également bien amélioré : le grément aurique, avec ses beaucoup trop nombreuses voiles, a maintenant totalement disparu au profit de la voile latine, plus simple à manœuvrer. Associé au winch, véritable démultiplicateur de force, ce type de grément permet aujourd’hui à la grande majorité de voiliers d’être menés en équipage réduit, voire très réduits.
    Grâce à internet via le téléphone satellite, on peut facilement récupérer les prévisions météos à échéance de plusieurs jours, donnant la force et direction des vents, la hauteur et direction de la houle, l’ensoleillement, …
    Les outils d’aide à la navigation se sont développés et largement imposés : le radar utilisé en alarme d’approche à terre ; le détecteur de radar, qui signale les petits bateaux ; l’AIS, système dérivé de l’aéronautique, imposé aux seuls cargos aujourd’hui, qui envoie et réceptionne les informations de cap et vitesse des bateaux, détecte et préviens des risques de collision ; les pilotes automatiques, chargés de tenir le cap pendant que l’équipage vaque à d’autres occupations ; tout ceci n’a plus rien à voir, évidemment, avec les rares aides à la navigation dont pouvait même bénéficier un Tabarly.
    Enfin, en cas de naufrage, là où Moitessier ou même les grands navigateurs des années 60 à 80 étaient abandonnés à eux même, tout navigateur dispose maintenant de balise satellite alertant le CROSS français, qui coordonne ensuite les opérations de sauvetage ; d’un téléphone satellite, au coût largement abordable, permettant de consulter à distance un médecin ou demander une aide précise ; radeaux de sauvetage équipés des dernières techniques de survie ; systèmes de sécurité en cas d’homme à la mer ; …

    Si la prise de risque, comme toute activité, est encore bien réelle, elle est cependant aujourd’hui largement balisée et le risque lui même considérablement réduit. Le confort est aujourd’hui réel, les aides à la navigation rendent de telles traversées plus sereines, et en dernier recours, la certitude d’être secouru en pleine mer. Quant à la solitude en mer, la coupure du monde qui existait il y a encore peu de temps, qu’en dire aujourd’hui, à l’heure des balises de suivi de position, téléphone satellite, connexion internet ?

    Quand je discute de mon périple futur, qu’on me demande avec qui, où, je crois souvent voir dans les yeux de mon interlocuteur un voile d’incompréhension, et défile dans son imagination toutes les images souvent effrayantes, nées de notre histoire maritime, de la méconnaissance de la mer, des exploits des grands navigateurs. Mais nous sommes au XXIe siècle, et si l’aventure reste, elle a perdu beaucoup de sa difficulté et de son insécurité. C’est une aventure, encore, mais elle n’a plus rien à voir avec celle qui traine, le plus souvent, dans notre imaginaire.

    Le retour aux choses sérieuses

    mardi 16 novembre 2010, par Ydikoi

    Maintenant que les gamins ont fini de faire joujou (mon dieu, quel stress insoutenable samedi et dimanche !), l’attention de la populace peut se reporter - enfin - sur des sujets sérieux, dignes de nom : l’espionnage de journalistes les conflits d’intérêt la construction de “112”.

    C’est tout le problème de ces sujets centraux, il est impossible d’enquêter proprement, et je suis bien content de ne pas avoir d’ordinateur portable à me faire voler. C’est tout juste si quelques informations ont pu filtrer, donnant l’état d’avancement entre la photo (1) et la photo (2). Au moins les options sont maintenant à peu près définies, du moins celles qui concernent la production du bateau : il n’y en aura pas, ou presque (avais-je précisé avoir commandé le menu Maxi Best-of ?) : les hublots, les voiles, les trous, les protections, tout est dans les plans.

    Heureusement d’ailleurs, j’aurais été bien en peine de les faire intégrer sinon, mon commercial utilisant les outils de communication comme au XXe siècle (au moins) : je lui envoie mes questions par mail, je les lui renvoie au bout de 4 jours faute de réponse de sa part, je finis par l’appeler une semaine plus tard et tombe justement au moment où il était en train de me répondre, par mail, sisi (avouez que c’est ballot), pour me dire que “non”, “non ça n’est pas possible”, “ça n’est pas prévu” etc … Il ne va donc pas me falloir moins que les trois mois restant pour valider les équipements qu’il doit installer et qui, pour certains, ont malgré tout une certaine importance, comme la délicate question de la couleur de la coque du radeau de survie à embarquer.

    Ah, la couleur, justement ! Il me reste encore trois semaines pour me décider. Elle ne doit pas être très foncée, pour ne pas attirer la chaleur sous les tropiques, et transformer l’intérieur du bateau en étuve. Exit donc le vert anglais dont je rêvais, ou le rouge bordeaux, presque aussi élégant. J’ai (ouf) évacué le vert cacadoi (sisi, il y a des coques de cette couleur), le vert pastel, le bleu délavé, mais, faut-il le préciser, je n’avais jamais envisagé ces couleurs. Je tourne en fait autour des trois mêmes couleurs :

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    - un jaune assez vif mais pas trop canari. Mais la teinte est délicate à trouver, et il existe déjà plusieurs voilers RM avec cette couleur ;

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    - le (très) classique gris clair (chez les RM) : assez classe, qui se marie bien avec la couleur de peinture anti-dérapante du pont, mais déjà vu. Beaucoup.

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    - le (très) classique (aussi) blanc avec liseré. Très peu vu sur les RM, mais c’est la couleur de toutes les autres coques - hors aluminium, s’entend. Choix cornélien s’il en est. Autant dire que je n’ai pas encore beaucoup avancé sur ce sujet. Mais au moins ais-je déjà éliminé le rose fuchsia, parce que, oui, Pink était un des noms que j’envisageais pour “112”.

    Et puis, le nom, tiens, ça faisait longtemps. Aujourd’hui ne restent en lice que deux :
    - another country (il tient la corde)
    - bël åmi

    Maintenant vous pouvez voter, voilà deux sujets sérieux. Et puis, si vous votez bien, je vous parlerai - sans doute - de “pourquoi partir en mer n’est plus (trop) une aventure”. Et si vous votez très bien, je vous donnerai (sûrement) l’adresse du blog dédié à la voile, pour n’emmerder que ceux qui le veulent vraiment.

    Fin d’un parcours

    jeudi 14 octobre 2010, par Ydikoi

    Je tourne et retourne dans ma tête depuis plusieurs jours la manière dont je vais l’annoncer, et je n’ai toujours pas trouvé, d’autant que je me suis toujours farouchement abstenu de parler de ce domaine ici. Mais, puisque l’échéance est là, et même déjà dépassée à la publication de ce billet, il n’y a qu’une seule manière de le dire, franchement et directement.

    Il y a presque dix ans que je gravite dans le mouvement des motards en colère : d’abord uniquement parisien, militant, puis adhérent, puis responsable local ; puis au bureau national ; puis au conseil d’administration de la mutuelle des motards. Pendant toutes ces années, je n’étais tourné que vers cet engagement associatif, et aussi la société que j’avais créée avec deux amis.

    Depuis quelques mois, depuis ce moment là en fait, je redonne vie à ce projet que je traine depuis mes plus jeunes années, de parcourir une partie du le monde en bateau. L’idée germait -je m’en suis aperçu récemment, en parcourant mon ancien blog- régulièrement autour de mon anniversaire, puis disparaissait. Mais depuis quatorze mois, je l’étudie, la décortique, l’analyse avec l’aide du dr Krollspell. Au delà du simple questionnement, j’ai vérifié par deux fois que mon goût pour la mer ne s’était pas dilué dans mes rêves.

    Progressivement, mes peurs se sont levées, mes questions ont trouvé réponse ; ou dans le pire des cas, sont apaisées. Et l’évidence s’est imposée, il y a plusieurs semaines : je partirais, pas un jour, pas dans dix ans, mais bientôt, très bientôt. J’ai donc pris la décision de démissionner de mon poste d’administrateur, et j’en ai informé le président du conseil dans la foulée.

    Et c’est donc hier soir, comme convenu ensemble, que j’en ai fait part à l’ensemble du conseil d’administration, et rendu cette décision effective.

    Une signature de rien du tout

    vendredi 1er octobre 2010, par Ydikoi

    Bientôt 15 jours ! J’ai signé le bon de commande au Grand Pavois de la Rochelle après beaucoup de réflexions, mais sans forcément prendre toute la mesure du geste que je réalisais. Et il aura fallu cette période d’attente pour que je prenne vraiment conscience à quel point j’en avais envie. J’ai ainsi accepté, contre la règle que je m’étais fixé jusque là, de répondre à toutes les questions que la banque me posait, y compris celles dépassant de manière évidente leur simple couverture de risque. Je me suis mis à poil devant eux, ils connaissent tout de moi, mais je m’en fous (un peu) : je veux ce bateau, je veux ce financement !

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    J’attends d’une heure à l’autre leur réponse, c’est elle qui conditionnera le déclenchement effectif de la commande, et donc le retro-planning de la production jusqu’à la livraison. Le bateau étant construit en contreplaqué - époxy  [1] , la construction débutera par la découpe numérisée du CP. Puis viendra l’assemblage de la coque, son retournement, son aménagement, et son équipement (voir le reportage photo).

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    Pendant ces (environ) cinq mois se poseront des questions aussi existentielles (au moins) que :
    - l’équipement du bateau, et particulièrement l’électronique embarquée : ayant déjà eu plusieurs questions sur le sujet, j’y reviendrai de manière plus détaillée, pour les plus curieux ;)
    - le nom : choix crucial s’il en est :-), on en reparlera aussi
    - la couleur de la coque : là les passions vont se déchaîner, je le sens bien !

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    Sur l’intérieur, je n’aurai pas beaucoup à intervenir : les aménagements participants à la structure générale du bateau, il n’existe que peu d’options à définir. Même la couleur (style “s’inspirant des maisons de bord de mer : Ile de Ré” pour le chantier) est figée, je ne pourrais, le cas échéant, intervenir que sur la couleur des housses protectrices de banquette ou des rideaux !

    Cinq mois … cinq mois à devoir tout préparer, tout penser, être sûr de ne rien oublier, et la liste est déjà longue comme deux bras !

    Dieu qu’il me tarde !

    Notes

    [1] Le composite contreplaqué/époxy est particulièrement performant : plus solide que le polyester, plus isolant que l’acier, plus léger que l’aluminium, il est le plus facile à réparer et à entretenir.

    Le contreplaqué, très rigide grâce à sa faible élasticité, inerte associé à l’époxy et sans risque de dégradation chimique (osmose et délaminage du polyester), devient en outre extrêmement résistant au poinçonnement et à l’abrasion lorsqu’il est associé au Kévlar® (2 fois supérieur au verre en traction et 1,5 en élasticité) ; c’est aussi un excellent isolant thermique et phonique qui ne dégage pas d’odeur (à noter aussi la chaleur et la beauté du matériau bois).

    Nouveau né

    lundi 20 septembre 2010, par Ydikoi

    C’est une nouvelle toute fraîche, le bébé est encore en gestation. La délivrance devrait être rapide, la naissance est prévue pour fin février ou début mars.

    Bien évidemment, il faudra lui trouver un nom.

    Mais c’est déjà le plus beau des bateaux, bien sûr !

    La Bretagne, en bleu, en gris

    lundi 13 septembre 2010, par Ydikoi

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