Ydikoi

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humeur (pas) badine

    Autopsie d’un tweet-clash

    mardi 16 mars 2010, par Ydikoi

    Je rentrais tranquillou de mon week-end sympa, entre une manif réussie et des élections qui ont claqué bien fort chez qui il fallait, bref, de bonne humeur. Et dans la masse des alertes que j’ai programmé sur le net, il en est deux qui font tilt dans ma tête, deux twitts auxquels je m’empresse de répondre, sur un ton que j’estime plutôt léger :

    jmplanche : Honte d’être motard cette après midi ... C’est quoi cette meute d’abrutis manipulés qui bouchent tout ? http://twitpic.com/18cezj

    ydikoi : @jmplanche merci pour l’abruti, et pour le manipulateur … on peut ne pas savoir / être d’accord, sans pour autant insulter les autres non ?

    Et l’autre, d’une veine sensiblement identique :

    ccuq : bienvenue dans un monde où la #ffmc se croit la représentante de tous les motards. Dans ces cas là je laisse l’Africa à la maison

    ydikoi : @ccuq heureusement non, la #ffmc ne prétend pas représenter *tous* les motards

    Et soudainement, en deux ou trois réponses, les deux conversations sont parties en vrac, sur la base de lieux-communs et idées pré-conçues : pour l’un, il ne peut avoir mal compris ce qu’on lui disait, et rien ne change, ni les hommes, ni les structures ; pour l’autre, qui traite les motards manifestants "d’abrutis et de manipulés", il est tout étonné que je lui suggère de s’informer plutôt que me reprocher de ne pas savoir pourquoi on manifestait.

    Me voilà finalement traité de politicard, et la FFMC avec, avec des certitudes "effrayantes".

    Premier constat :

    Plus de 15 ans après le départ de l’internet "grand public", il en va de twitter comme d’IRC, et les forums, à l’époque : c’est un nid à trolls. Même quand on s’appelle Jean Michel Planche, et qu’on a été un des pionniers de l’internet.

    Deuxième constat :

    Même des personnes (a priori) intelligentes, qui connaissent par cœur ces mécanismes là, (re)tombent dedans et oublient d’agiter les neurones avant d’appuyer sur la touche entrée. Peut être encore plus avec twitter qu’avec IRC ou les forums, qui consacre encore plus l’instantanéité au dépends de la réflexion et de la pertinence.

    Troisième constat :

    Ca m’a énervé, grave.
    Ca m’a énervé de voir qu’un mec comme Planche, certes controversé dans ses prises de positions, mais malgré tout au dessus de la moyenne en terme de réflexion, pouvait être aussi bloqué sur un sujet sur lequel, apparemment, il a déjà une opinion.
    Et ça m’a encore plus énervé de voir que je m’énervais pour ça. Une fois de plus, je suis tombé dans le panneau, croyant qu’avec un type “intelligent” il serait possible d’avoir une discussion sérieuse, peut être pas de nature à le faire changer d’avis, mais en tout cas à lui faire comprendre que, pour différentes qu’elles soient, nos positions n’en étaient pas moins entendables. Naïveté quand tu nous tiens.

    Quatrième constat :

    PDF - 558.6 ko
    tweet-clash.pdf

    L’un comme l’autre (je ne connais pas le deuxième) ne pouvait pas savoir pourquoi je me permettais ces remarques, ni que je parlais en totale connaissance de cause, et de maîtrise, de ce sujet ; ce qui n’a pas dû les aider à accepter une remise en cause de leur opinions respectives. A leur décharge.

    Et pour ceux qui voudraient les revivres, les conversations sont disponibles ici : avec JM Planche et avec ccuq (attention, il faut commencer en bas), ou alors en regardant le fichier ci-dessous, où j’ai remis les deux conversations côté à côte.

    Mais, purée, ce qu’ils m’ont énervé, tous les deux !

    Cauchemar standard

    jeudi 4 mars 2010, par Ydikoi

    Ideal standard, cauchemar standardElle porte un nom qui fait penser à la sérénité ;
    C’est un produit français, et j’aime bien acheter français, quand je peux ;

    Mais 18 mois après son premier arrêt cardiaque, ma chaudière Ideal Standard est de nouveau en panne. Mêmes causes mêmes conséquences : le bloc qui gère l’arrivée de gaz est HS et doit être remplacé pour la (modique) somme de 200€ … environ.

    Malgré son slogan “Un chauffage d’avance”, cette filiale du groupe Baxi n’est en avance ni sur la qualité de ses produits (où alors, ça craint vraiment), ni sur l’attention qu’elle porte à ses clients (et non, je ne parle pas des installateurs), puisque je n’ai entendu parler d’elle que pour m’envoyer sur les roses le (premier) jour où j’ai eu un problème.

    Y’a pas à dire, Ideal Standard se revèle un cauchemar standard qui me fera payer, petit à petit, le prix de la chaudière en pièces détachées.

    Fuyez ce groupe et ses marques (Baxi, Roca, Brötje, Chappée, Ideal Standard, Potterton or Westen) !

    (Comme un clin d’œil à cette manière de se moquer de ses clients, comparez les sites internet :
    - ideal standard
    - chappée
    - brotje
    - quant à Roca, ça n’est même pas la peine de chercher, ils n’en ont pas. Encore mieux.)

    Edit 9/3/2010 En plus d’avoir une qualité approximative, il semblerait que son S.A.V soit également en dessous de tout :

    Le groupe a une politique de livraison des pièces détachées en 48h, sous réserve que la commande du chauffagiste intervienne avant 17h. La mienne a été passée jeudi dernier, mais n’a pu être traitée que vendredi soir, “parce que nous étions débordés”. Dans le meilleur des cas, mon chauffagiste la recevra donc ce soir, et pourra intervenir demain. Dans le meilleur des cas.

    8e jour sans douche, ni chauffage, merci ideal standard, et son Un chauffage d’avance chauffage de merde.

    Carrefour, le meilleur prix ?

    mardi 23 février 2010, par Ydikoi

    Le supermarché de ma rue était auparavant un magasin Champion. Depuis quelques mois, il est passé sous la marque Carrefour market, faisant disparaître au passage la grande diversité de produits qui étaient proposés, pour laisser une place conséquente aux produits de marque Carrefour et Carrefour discount. C’est chiant de retrouver ses marques (!), mais on fini par s’y faire.

    Ce soir, faisant mes courses biannuelles, je regarde la future belle pièce de bœuf qui finira dans mon assiette, hésitant entre pavé, entrecôte, ou simple steak. Je n’ai pas l’habitude d’acheter de la viande, aussi je n’ai pas une vision très précise des prix. Mais quand même, je me rends compte que la viande est devenue particulièrement chère : les étiquettes produit valsent entre 24 et 30€ !

    Deuxième réflexe, tiens, c’est pas con : tous les prix du linéaire sont affichés au kilo, ça facilite les comparaisons, ce n’est pas souvent qu’un supermarché adopte ce genre de démarche.

    JPEG - 1.8 Mo

    Et puis mes yeux se sont baissés, sur le rayon inférieur. On retrouve les même types de viande, visiblement fabriqués par la même société (Charal) mais sous la marque distributeur. Et là, surprise, les prix du linéaire entier ne sont pas le prix au kilo, mais bien ceux correspondant à l’unité emballée.

    Le rayon supérieur, qui ne contient que des produits de marque, présente des prix autour de 25€.
    Le rayon inférieur, qui ne contient que des produit distributeur, présente des prix autour de 4€.

    Il ne s’agirait que de quelques étiquettes, il s’agirait probablement d’une erreur. Mais appliquée sur un linéaire entier, cela ressemble plus à un moyen subtil (ahem) d’amener le client, en toute transparence bien sûr, à préférer la marque distributeur.

    Dans le communiqué de presse annonçant la disparition des enseignes Champions au profit de Carrefour market, le groupe annonçait

    Bien plus qu’un simple changement d’enseigne
    En se développant, la marque Carrefour va apporter de nouvelles perspectives :
    A ses clients, avec la meilleure offre commerciale adaptée localement et toujours au meilleur prix,

    Il n’y a pas à dire, ils ont réussi à adapter leur offre commerciale. Je ne sais pas si j’ai plus envie de les traiter de menteurs, ou de voleurs.

    edit Bon, garoo me dit que ça ne serait qu’une erreur de saisie. Qu’une boite comme Carrouf’, 78 milliards € de chiffre d’affaire, utilise dans ses magasins des feuilles excel, ou équivalent, pour gérer les prix. Que la bourde a été faite par celui qui rentre les prix, celui qui contrôle (car ils contrôlent, hein ??), celui qui les pose sur les rayons, et le chef de rayon, qui n’a rien vu. Rien que ça.

    Alors si c’est effectivement ça, je retire ce que je pensais. Si garoo a raison, alors c’est juste affligeant d’archaïsme, incompétence, défaillances, management inexistant. Pas mieux.

    Haïti, et tout le monde s’en fout

    mardi 19 janvier 2010, par Ydikoi

    Haïti, 200 000 personnes disparues, à 8 000 km de la France.
    240.000 articles sur le sujet

    France, 600.000 personnes arrivent en fin de droit cette année. Leur (sur)vie ne repose plus que sur la solidarité familiale. 600.000 nouveaux pauvres, en un an. 1% de la population française. Ici, chez nous.
    11 articles sur le sujet

    Il est vrai qu’il y a un biais, et de taille : la catastrophe humanitaire a eu lieu il y a une semaine maintenant ; alors que l’annonce des 600.000 nouveaux pauvres n’a que 24h.

    Voilà donc ce que ça donne, si on ne prend en compte que les dernières 24h :
    - Haïti -> 34 articles / jour en moyenne
    - 600.000 personnes en fin de droit -> 11 articles
    - le salaire du PDG d’EDF/Veolia (info de moins de 2h) -> 15 articles, en comparaison.

    Y’a pas à dire, heureusement que les journalistes savent nous ramener aux vrais problèmes.

    L’irresponsabilité de Caradisiac

    1 vote

    jeudi 15 octobre 2009, par Ydikoi

    Caradisiac publie un essai - pas de mention de "publi-reportage", donc ça ne doit pas en être un … - sur un casque pour iphone "spécial motard" …

    Ma réponse chez eux, mais ici aussi, ça fait un bail que je voulais écrire ça :

    “Franchement les mecs, je ne vous comprends pas !

    Ca fait plus de 10 ans maintenant qu’on (motards, scootards, et même les cyclistes s’y mettent) gueule contre l’utilisation du téléphone au volant. On le sait nous, parce qu’on est les premiers à voir les conséquences que ça a sur la conduite, et sur notre sécurité : c’est le fait de téléphoner en conduisant qui est pourri, pas celui d’avoir ou non un kit main libre.

    Ca fait je ne sais combien d’années qu’on répète partout que nous, motos, scooters, on est différent des voitures par ce que, comme nous n’avons pas de carrosserie, une faute d’inattation peut nous être fatale, nous n’aurons pas, comme les voitures, un bout de pare-choc tordu.

    Et vous, qui vous dites un blog moto, un blog de motard, venez faire de la pub pour un mécanisme qu’on critique chez les automobilistes - à juste titre - et dont on sait qu’il nous fera perdre notre attention sur la route ?

    Mais on rêve là ?! Je sais qu’il faut générer de la page vue pour gagner de la tune, qu’il faut produire du contenu pour être rémunéré comme un chinois fabriquant une basket, mais quoi ? Vous en êtes tombé à ce point d’absence de réflexion, d’absence de conscience ? Votre responsabilité sociale s’arrête donc là, à relayer les communiqués de presse de boites qui se foutent de savoir ce qu’elles vendent, pourvu qu’elles le vendent, et faire du chiffre ?

    "Pratique d’utilisation, ce kit sera un précieux allier (sic) lors de vos trajets urbains" … écrit par des motards, pour des motards ? … ça fait peur ”

    Et pour mémoire, la première opération où les motards dénonçaient l’incompatibilité de la conduite et du portable, c’était en 2003, par les motards de la FFMC Paris : opération de sensibilisation contre le portable au volant.

    Il faudra bien, vu le niveau d’irresponsabilité ambient, que "certains" se saisissent un jour de la question, et interpellent les motards et les scootards sur ce sujet … Ils n’en sortiraient que grandis.

    La France est un pays moderne

    vendredi 2 octobre 2009, par Ydikoi

    Le plan B est donc en marche : la recherche d’un embarquement à (presque) tout prix. Bien sûr l’objectif n’est pas de partir sur la première galère venue (quoi que, vu mon patronyme ...), ni avec le premier Marin d’eau douce. Non, il y a quelques vérifications de base à effectuer, surtout le CV du capitaine. Sur le type de bateau, nombre d’équipiers et programme, par contre, les choix sont grand ouverts.

    Mais voilà, il y a un (gros) hic : je ne peux pas partir pour l’instant, je n’ai pas mon passeport. Pourtant je suis allé me renseigner, je sais tout ce qui est nécessaire et d’abord ma fiche d’état civil.

    Hop hop, ni une ni deux, puisque nous sommes dans une e-administration moderne, je vais sur dijon.fr et je fais ma demande. Et j’attends. Et j’attends. Et j’attends … (encore).

    Et voilà mon premier embarquement qui me passe de façon sûre sous le nez, avec 10 jours de retard déjà, je suis sûr de ne pas avoir mon passeport à temps.

    Pourquoi tu ne vas pas le chercher directement ? me demande Fab. Bah oui, c’est vrai ça, si l’e-administration ne fonctionne pas, pourquoi ne pas prendre le train ?

    Alors aujourd’hui j’ai pris le train. Enfin, j’ai commencé par essayer de trouver un taxi pour aller à la gare, j’étais un peu juste. Je n’ai mis qu’un quart d’heure à en trouver, fin de matinée en plein centre de Paris. Sûrement un mauvais exemple puisqu’il y en a tellement assez que leur nombre n’a pas changé depuis 1945.

    Je serai resté deux heures à Dijon, dont 3 minutes montre en main dans le bureau de l’État Civil.

    Débarqué à 13h à la gare, j’étais à 13h25 à la Mairie (qui ouvrait à 13h30), reparti à 13h33, à la gare à 14h00. Par chance, un train partait cinq minutes plus tard, et j’avais justement pris la peine de prendre un billet de train (plus cher, bien sûr) qui me permette de changer au dernier moment.
    Mais visiblement, la SNCF avait dû écrire un avenant en petit caractère, spécifiant que le changement n’était possible que dans une limite raisonnable pour les ordinateurs du système d’information, bien connu pour être réactif et performant ; puisqu’à 14h00 il m’était impossible de réserver une place dans le train de 14h05, il n’existait tout simplement pas !

    (Et puis, puisqu’on parle d’elle, une petite digression vers la SNCF et son président Guillaume Pépy, qui vient d’annoncer 500 millions de pertes : la gare de Dijon vient de passer plus de deux ans en chantier. Certes c’était pour refaire l’esplanade, qui en avait bien besoin, mais aussi de nouveaux "salons de vente", un pour le TER et un grande ligne ; et un tout nouveau relais H, grand, sublime. Mais les toilettes sont toujours en bout de couloir, deux urinoirs (dont un bâché) et trois cabines, dont deux en dérangement. C’est vieux, petit, mal éclairé, cassé et ça pue. Par contre, une belle et grosse camera de surveillance.

    C’est sûr, faire de l’argent en louant des emplacements commerciaux, c’est sûrement bien. Mais ne pas oublier que le cœur de métier, c’est l’accueil et le transport de personnes (et non de bétail), ça serait encore mieux et aiderait peut être à faire prendre le train plus souvent ?)

    Bref, voilà, ce que notre belle administration électronique n’a pas réussi à me fournir en 10 jours (ni à me tenir au courant de ma demande), je l’ai obtenu en deux fois 2h de train et 3 minutes dans un bureau.

    Mais au fond, est-ce une surprise dans un pays où les politiques ne parlent d’Internet que pour le diaboliser ?

    l’envie d’avoir envie

    vendredi 5 juin 2009, par Ydikoi

    Le spectacle d’hier soir était assez indigne. Indigne de deux personnalité politique de premier rang, qui prétendent défendre des idées autrement plus élevées ; de la politique, tout simplement.

    Ajouté au spectacle lamentable (christine albanel ou nadine morano en son de bons exemples d’actualité) que donnent les autres politiques, ça ne donne pas envie de s’y intéresser ;

    Mais nul besoin d’aller si haut, le tissu associatif regorge aussi de ces moments où on en arrive à se demander "à quoi bon tout ça" ?

    Des militants impliqués qui se positionnent ouvertement contre toute forme de discriminations déclarent pourtant que les militaires, ce ne sont pas des motards comme les autres ;

    D’autres, tout aussi impliqués, refusent ce principe de solidarité qu’ils entendent mettre en place dans la société, ne voulant pas partager leur moyen financier avec les "feignants" ;

    Quand la première réaction, spontanée, d’un type intelligent est de traiter d’aigri un de ses amis (?) qui ose exprimer un sentiment (un peu) désabusé ;

    Quand la vision de la démocratie consiste à accuser ses élus d’avoir perdu leurs valeurs, en lieu et place de débat ;

    Quand ces mêmes thuriféraires de la morale se gardent bien d’intervenir dans le débat quand ces valeurs sont ouvertement foulées au pied, préférant laisser ce rôle à ces mêmes élus qu’ils accusent en parallèle ;

    Quand une élection se joue sur le seul pathos, sans programme politique ni aucun débat possible, alors que les conséquences sont connues de tout le monde, parce que déjà vécues maintes et maintes fois ;

    Alors oui, on peut avoir envie de crier (plus que chanter) :

    Qu’on me donne l’envie !
    L’envie d’avoir envie !
    Qu’on rallume ma vie !

    Une bien belle histoire

    jeudi 4 juin 2009, par Ydikoi

    C’est une histoire qui a commencé il y a près de 30 ans. Une histoire d’amitié d’abord, mais de solidarité avant tout, face au dénigrement, à l’exclusion, à l’injustice. Une histoire de cuirs noirs qui croyaient que, si l’habit ne fait pas le moine, il participe d’une histoire commune, autour de valeurs de solidarité, d’égalité, de liberté, d’acceptation des différences. Une histoire d’utopistes convaincu de pouvoir changer le monde, montrer qu’ils étaient des citoyens à part entière, donner un peu plus de ces valeurs là, leurs valeurs, dans un monde (déjà) gagné par l’égocentrisme et le communautarisme.

    C’est une histoire, et la vision d’une société idéale, fondée sur des principes simples - démocratie, responsabilité, éducation, liberté, respect - qui a conduit plusieurs générations à s’investir dans un projet commun, révolutionnaire hier, et encore plus aujourd’hui, au delà des barrières politiques, sociales, raciales ou sexuelles.

    C’est grâce à ces valeurs, déconnectées de toute étiquette partisanne, simplement et profondément humaniste, que des hommes et des femmes de tous bords ont pu s’asseoir à la même table et construire cette histoire : anarchistes et militaires, pédés et machos, patrons et ouvriers, de gauche ou de droite, d’un extrême ou de l’autre.

    Arriver au niveau national d’un mouvement d’une telle envergure implique donc non seulement une adhésion à ce qu’il est profondément, mais également la volonté de transformer cette utopie en réalité, et de le faire en s’intégrant dans un projet collectif, dans une pensée construite mais évolutive, qui sait prendre en compte les nouveaux éléments.

    Mais c’est aussi la compréhension fondamentale qu’aucune réflexion n’est possible sans pensée, qu’aucun consensus ne peut être trouvé quand une seule vision s’exprime. Bien sûr, bonne volonté et capacités de travail sont des pré-requis. Mais sans convictions, sans hauteur de vue, sans réflexion sur l’implication profonde des valeurs et des propositions de ce mouvement, ce ne sont que des dispositions sans objectif, des assiettes vides de toute nourriture.

    Demander aujourd’hui à privilégier l’éducation sur la répression est bien un projet d’organisation de notre société, une vision humaniste, une croyance forte, certainement utopique, que l’Homme est certes capable du pire, mais aussi du meilleur, pourvu qu’on lui en donne la chance. Ce n’est pas partisan, à l’heure où les différents partis se positionnent tous quasi-exclusivement sur l’option sécuritaire, mais bien sur une vision politique de la structuration de l’éducation et de la répression, et leur priorité, dans la société.

    Au plein milieu d’une crise économique de grande ampleur, affirmer son soutien et revendiquer son appartenance au monde de l’économie sociale, mettant en avant le refus du profit comme finalité de toute activité, c’est l’expression même d’une volonté d’organisation non seulement économique, mais également politique et démocratique.

    Faut-il en dire plus, donner d’autres exemples pour illustrer cette réflexion politique, mais jamais partisane ?

    Alors, oui on peut toujours agiter sa carte d’adhérent, faire un concours malsain entre membres de la première heure pour savoir qui lave plus blanc que blanc, est meilleur gardien des valeurs originales face à leurs élus ;
    Mais tant que la solidarité, ou la tolérance, le respect ou la responsabilité refuseront de s’exprimer chez ceux-là même qui les proclament ;
    Tant qu’on préférera, à mots couverts, traiter de lâches ceux qui refusent de continuer à s’épuiser à rappeler et expliquer sans cesse les valeurs qui nous animent, plutôt que le faire directement sans laisser le rôle désagréable à leurs élus ;
    Tant que chacun ne prendra pas une part active au fonctionnement ;
    Tant que nous ne saurons pas, collectivement, dépasser cet égocentrisme sociétal qui nous ronge et nous paralyse ;

    Alors oui, il ne faudra pas s’attendre à ce que notre utopie devienne réalité, mais continuer à se satisfaire d’un modeste train-train, porteur ça et là, malgré tout, presque mécaniquement, de quelques belles réalisations. Et il ne faudra pas s’étonner que certains, effectivement, refusent de gâcher tant de temps à assurer une marche collective pourtant normalement acquise, et refusent également de gâcher tant de leur énergie dans un combat qui ne devrait pas être, plutôt que sur cette utopie.

    La trame de ces paragraphes, je l’ai reconnue immédiatement très récemment, en repensant à cette émotion qui m’avait bloqué il y a plus de deux ans maintenant. C’est ce que j’aurais voulu dire à l’époque, mais c’est toujours - hélas - le même ressenti, aujourd’hui, encore plus en lisant les commentaires de certains billets.

    Oui, la capote est un problème !

    vendredi 27 mars 2009, par Ydikoi

    Maintenant que la pression du bal des faux-cul (mais pas que, j’en conviens) est retombée, il est temps pour moi de mettre mon petit grain de sel.

    Sur le plan de la rhétorique, je ne trouve rien à redire à ce qu’à déjà publié Maître Eolas, bien mieux que je ne l’aurais fait, forcément, même si j’aurais développé un ou deux point en plus (notamment la méconnaissance de la réalité africaine de la part des critiques anti-papales - car, ne l’oublions pas, le Pape allait en Afrique, il parlait pour l’Afrique).

    Non, maintenant que le sidaction est terminé, que tout le monde a deversé son fiel sur la position papale - sur la base d’informations tronquées la plupart du temps -, et nous a expliqué que la capote c’est super, un méga top drôle jeu sexuel, et d’ailleurs ça emmerde plus personne maintenant qu’il y en a sans latex, ou à la fraise, ou la banane, et maintenant qu’on a trouvé une autre ambulance sur laquelle tirer, c’est le moment pour faire mon coming out : oui, la capote est un problème.

    (on se calme, on attend de lire la suite)

    (non, je ne suis pas me définis plus comme catho)

    (tout le monde est calme ? on continue alors :))

    C’est fiable

    Je me souviens dans les années 90 d’une vague rumeur qui racontait qu’une étude anglaise donnait le préservatif fiable à seulement 90%. Mais je n’ai jamais réussi à en trouver la trace. Il faut dire aussi que cette rumeur était plus que sujette à caution, puisque circulant dans les milieux anti-PD, et donc dans ma famille. Je l’ai retrouvée il y a peu, dans un forum quelconque.

    Alors j’ai cherché, et j’ai trouvé ça dans wikipedia :

    L’efficacité du préservatif dans la prévention des IST n’est connue qu’approximativement, et varie, selon les études disponibles, entre 60 et 96 % environ (par exemple, une méta-étude de 1993 conclut à une réduction du risque de 69 % ; une autre étude de 1994 donne 87% moyenné (entre 60% et 96%) même si ces études concluent au peu de fiabilité de leurs propres mesures).

    Si wikipedia dit réellement une connerie, alors les mecs de act-up, aids & co, vous attendez quoi pour le faire modifier ?

    Si c’est vrai, deux remarques :
    - la première est que ça ne me surprend pas tellement : je connais quelques personnes (pas plusieurs, non, juste quelques unes, donc pas assez pour en faire une statistique), qui se sont fait contaminer par le VIH alors qu’elles déclarent avoir toujours utilisé une capote.
    - on se fout de savoir si la marge d’erreur est de 4% ou de 10%. Ce qui en ressort par contre c’est que, non, la capote n’est pas fiable à 100%.
    Pour certains, 4% est une marge d’erreur acceptable. Pas pour tous, pas pour ça.

    Un petit exemple : j’ai appelé un jour AIDS pour savoir ce qu’il en était de l’utilisation de la capote dans les saunas / hammam, endroit de copulation malgré tout assez fréquenté dans le milieu homo : la chaleur est mauvaise pour les capotes, est-ce que ça veut dire qu’on prend un risque en les utilisant dans ces endroits ?

    La réponse aurait été simple : soit un “c’est bon, allez y, no souci, il ne fait pas assez chaud”, soit alors “halte là, danger, leur chaleur excessive rend les capotes poreuses ; chauffez-vous, draguez-vous, et allez ensuite faire votre affaire dans une cabine”.
    Mais je n’ai jamais eu d’autre réponse que des phrases elliptiques, qui ne disaient ni oui ni non. AIDS n’a pas la réponse ? Peut être, mais vu la popularité des saunas chez les homos, ça touche alors à la faute professionnelle. J’ai en tout cas pris le parti, du coup, de croire que les capotes n’étaient pas adaptées à ces salles très chaudes, que pour une raison quelconque ce n’était pas dissible, et du coup, je chauffe, je drague, mais fais le cas échéant mon affaire ailleurs.

    De toute façon, ce point là n’est qu’anecdotique, juste une illustration de ce que les associations de prévention / réaction, ou les « autorités compétentes » se sont enfermé, au nom du dogme "tout capote" (ni catholique ni papal, celui là) dans une logique absurde et mensongère.

    C’est cool

    La capote, c’est cool, ça existe dans toutes les tailles, coloris, goûts, ça fait partie du jeu sexuel ? Bah non. Désolé, mais non, 1000 fois non.

    La capote, c’est chiant à ouvrir, c’est chiant à installer, surtout dans le noir. Pas pour vous ? cool. Mais pour moi, si, c’est comme ça, ça me casse tous mes effets.

    A la fraise, banane, menthe, ce que vous voulez, la capote a un goût dégueulasse, un goût chimique quand ce n’est pas un goût de latex. Je ne dis pas que c’est le cas pour tout le monde, c’est le cas pour moi, c’est le cas pour plein de gens. Oui, on peut trouver que la capote a un goût dégueulasse, sans être anormal.

    A la fraise, banane, menthe, en latex ou autre materiau plus moderne, la capote bloque les sensations. Pas pour tout le monde, non. Mais moi oui, et d’autres aussi.

    Oui, la capote peut bloquer. Physiquement, psychologiquement, ce qu’on veut, mais non, la capote n’est pas toujours cooooool.

    Oui la capote peut être perçue comme un “tue l’amour”, parce que ce qu’on aime, c’est le contact de la peau, de la chair, et pas celui d’un bout de plastique, parce que la capote empêche de prendre son pied. Pas tout le monde, moi si, et d’autres.

    Alors, on fait quoi ?

    Quand on ne peut pas baiser avec une capote, mais que le discours officiel soutend que les gens ’normaux’ n’ont pas de problèmes, et qu’on est par conséquent ’anormal’, il n’y a pas beaucoup d’alternative.

    On peut décider de prendre notre pied, au diable le discours moralisateur unique, et advienne que pourra. Anormal pour anormal … 

    De toute façon, il n’y a plus de risques, puisque dans le but (louable) de lutter contre la discrimination contre les séropositifs, on nous présente maintenant le SIDA comme une maladie chronique.

    Pendant plusieurs mois il y a quelques temps de cela, comme tant d’autres, j’ai pris mon pied. Sans capote. Au début, je me disais "so what ?, on verra bien”, et rapidement je n’y pensais juste plus. On y pense plus.

    Et j’ai pris mon pied comme jamais.

    Jusqu’au jour où j’ai vu plusieurs de mes … contacts découvrir leur séropositivité, être malades, devoir se gaver de médocs à longueur de journée. Ils n’avaient pas trente ans, j’ai vu leur corps changer, ils ont changé.

    Moi j’ai eu de la chance, une chance de cocu, une sur un milliard de millions, je m’en suis tiré sans la moindre MST. Rien. Nada.

    Ou alors on arrête de prendre les gens pour des cons, et on les responsabilise.

    On leur explique que dans 90% des cas, il n’y a pas de problèmes. Mais qu’il peut y en avoir, et qu’il y a des moyens de les arranger :
    - problème de prix ? c’est sûr, surtout quand celles qui sont distribuées gratos dans les établissements ne conviennent pas, c’est un budget. Les politiques n’avaient pas promis la capote à 15 cents (1 franc), à une époque ?
    - allergie au latex ? : capotes sans latex !.
    - problème de taille ? petits ou les grands gabarits, no soucis !
    - problème de culture, d’éducation, psychologique ? pourquoi ne pas en parler à son médecin, ou à un psy, par exemple l’asso des médecins gays ?

    Mais surtout dire, et rappeler sans cesse, que dans tous les cas, le choix final restera toujours le même : se priver d’un bon coup, ou se priver d’une vie normale :

    Il faut le réaffirmer sans cesse : les traitements contre le vih ne sont pas anodins. Les effets secondaires sont trop lourds : diarrhées, nausées, vomissements, neuropathies (qui entraînent des douleurs insupportables au bout des membres et des terminaisons nerveuses), rash cutanés et autres problèmes dermatologiques, calculs rénaux, troubles du comportement, insomnies, cauchemars, déséquilibres de la répartition des graisses qui déforment les silhouettes et causent des accidents cardio-vasculaires, ostéoporoses qui provoquent des fractures spontanées, etc.

    Le sida n’est en aucun cas devenu une maladie chronique.

    Oui, l’abstinence, c’est pas cool, pas cool du tout. Mais au moins ça n’empêche pas d’avoir une vie cool. D’avoir une vie, tout court.

    Peut être qu’en donnant des clés pour comprendre, en respectant un peu plus leurs semblables et les traitant moins comme des demeurés, nos « sachants » pourraient alors dire, eux-aussi :

    Oui, la capote peut être un problème pour certains. C’est normal.
    Alors, soit tu prends sur toi, et tu baises pas, soit t’en mets une, et tu fais avec.
    Parce que le sida, on n’en sort pas indemne

    Mes clients me font chier

    mardi 3 février 2009, par Ydikoi

    La première fois, ça avait déjà été le cas.

    J’étais (un peu) jeune et con dans le métier, plein d’idéalismes et d’idées de pratiques novatrices (pour l’époque), que j’avais essayé de leur appliquer. Bien évidemment, avec du recul, l’idée n’était pas très bonne, mais ils avaient de toute façon tellement détourné le concept, et la conception, que le site était vite devenu illisible.

    Cette fois-ci, je n’ai pas fait la même erreur. J’ai demandé à un graphiste de renommée internationale ;-) (c’est pas pour ça qu’il l’a, mais c’est pas grave) et on a travaillé ensemble. Et puis j’ai appris -un peu, au moins- (B-)), j’ai été juste dans mes préconisations.

    Et aujourd’hui, alors que ça se termine, qu’on est presque prêt à le mettre en ligne, on repart comme la première fois, avec des modifications absurdes, une somme de petits changements “oh, mais c’est à la marge”, pourtant contraires à la maquette validée, issues des 10 ou 15 personnes qui chacune ont leur avis sur la question, chacune avec ses réflexes issus du monde du papier, tous (ou presque) n’arrivant pas à faire confiance à un professionnel de son métier.

    Parce que je n’ai pas su lui expliquer que

    les concessions faites à chacun (et tout le monde a un avis sur le design) conduisent systématiquement à une créature de Frankenstein  [1]
    padawan : comment ruiner un design web

    Sans compter qu’incapables d’imaginer un soupçon d’incompétence technique de leur part, ils préfèrent m’imputer des problèmes qu’ils rencontrent, pourtant le b-a.ba de ce métier.

    La première fois, j’avais officiellement écrit que c’était une connerie, au point que je ne pourrais pas l’utiliser comme référence.

    Mais là, j’en ai rien à foutre. Qu’ils fassent et disent ce qu’ils veulent, qu’on clôture -enfin- le projet, qu’ils payent, et qu’on en parle plus.

    Itae Missa Est


    A lire aussi :
    - Padawan.info : Comment ruiner un design web
    - go-referencement.org : comment ruiner un design web
    - Padawan.info : présentation « Bonnes pratiques web » à Paris Web 2008

    Notes

    [1] Bonne nouvelle quand même, ça ne sera pas à ce point là

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