Ydikoi

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société

    Echange de bons procédés

    mercredi 10 mars 2010, par Ydikoi

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    16h30, c’est le début des sorties de bureaux, le retour des artisans dans leur boutique, bref, Paris commence à bouchonner. C’est aussi l’heure de mon départ, hier, pour cette réunion Lilloise, au milieu des voitures et des camionettes. A l’approche du périphérique, un goulot d’étranglement, la circulation entre les files, au pas, ne se fait qu’avec l’accord des conducteurs qui s’accrochent sur leur bas-côté respectif. Systématiquement, je me force à remercier, soit d’un geste de la main, soit alors d’un hochement de tête. Mais dire merci, à chaque fois, dire que je reconnais l’attention qui m’est portée.

    J’avance donc au pas, frôlant les rétroviseurs (merci l’afdm), et je vois, deux voitures devant moi, un conducteur mettre son clignotant. Je me rabats sur ma file, et arrivé à sa hauteur, m’arrête, lui laissant la place. Il passe, et une fois devant moi, me fait au travers de la custode un salut motard.

    Quelques dizaines de mètres plus loin, juste avant le périphérique, l’espace s’élargit un instant, et voilà mon automobiliste, que je suis toujours, qui s’arrête presque en se plaquant contre le muret de protection, le clignotant allumé pour m’indiquer qu’il me laisse le passage. J’en profite, le remercie, et me lance sur le périphérique.

    Ce micro-épisode de ma life  [1] est tout sauf exceptionnel, plutôt représentatif de ce que tous les motards, et pas que les parisiens (pour en avoir notamment eu confirmation hier soir à Lille) vivent au quotidien, dans leur rapport aux automobilistes. Le partage de la route est une réalité que nous vivons, tous, quotidiennement. Les automobilistes ont globalement bien compris que les deux-roues sont plus fragiles, mais aussi plus mobiles, qu’il est sympa de leur faire une place quand c’est possible. Les motards, parce qu’ils sont à une écrasante majorité également automobilistes, connaissent les contraintes - et les avantages - de la conduite en voiture. Tout n’est pas parfait, nous sommes parfois fatigués, inattentifs, (pré)occupés par ailleurs, dans notre bulle, mais globalement, c’est un système qui fonctionne bien au quotidien.

    Mais voilà tout le paradoxe : malgré les progrès accomplis de manière spectaculaire, surtout depuis 1997 (année de promulgation de l’équivalence permis B / conduite des 125cm3), l’évolution législative n’a pas suivi et ne prend pas en compte le développement exponentiel de la pratique du deux-roues (et maintenant 3 roues) en France : spécificité de circulation, de stationnement, d’accidentologie, ….

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    motocollant FFMC 2010

    Pire, les politiques, tous bords confondus, n’utilisent comme bras de levier que l’arsenal répressif, niant l’évolution technologique, sociétale et comportementale. C’est même, depuis le tournant sécuritaire de nos sociétés occidentales en 2001, un vrai feu d’artifice de mesures répressives (radars automatiques, de vitesse, de feux, tronçons ; confiscation de véhicules ; durcissement de la loi ; PV "à la volée" ; …) impulsées par les seules associations de victimes (ligue contre la violence routière, victimes & citoyens, …) et un seul motto : “toujours plus”.

    On aurait pu espérer, il y a quelques mois, que le Grenelle (beuark) des deux-roues allait quelque peu changer la donne, ouvrant ainsi une porte à la reconnaissance du rôle que peuvent jouer les deux/trois roues motorisés dans notre société (pollution, congestion des agglomérations, …) et enfin aborder des sujets de fond, qui ne concernent d’ailleurs - et de loin - pas que la sécurité routière : l’éducation des plus jeunes à la vie en société, le respect de la différence, le partage d’un espace contraint, etc …

    Las … il en est des Grenelle comme du reste : les grandes déclarations de principe se confrontent bien vite à l’obligation de résultat à court terme chérie par nos élus ; et retombent bien vite dans nos rêves qu’on qualifie par conséquent, et bien opportunément, d’utopistes.

    Cette utopie là, je la vis souvent, avec des exemples comme celui d’hier, qui me montrent qu’elle est possible. Et je reste en colère, plus que jamais, de voir ces politiques qui se laissent guider par leur conservatisme et dogmatisme, au lieu d’ouvrir les yeux, et encourager, tout ce qui peut se faire de bien dans notre société.

    Samedi, pour la première fois depuis 3 ans, les motards en colère vont rappeler pourquoi ils sont (encore) en colère. Et j’en serai. Bien sûr. Hélas !


    France 3 Tours du 9 mars 2010
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    Notes

    [1] avec la moto que j’ai, il faut bien que j’essaye de paraître djeunz par ailleurs

    Good As You

    samedi 20 février 2010, par Ydikoi

    (et je suis particulièrement impressionné par la maturité politique du président de SOS Homophobie, surtout comparée au président de Homosexualité et Socialisme, qui n’est que dans le politiquecard.)

    via cddb

    Ces gens sont des menteurs

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    mercredi 8 juillet 2009, par Ydikoi

    AUCUN CAS en France un religieux de 78 ans ne serait placé en garde à vue pour avoir transporté dans le coffre de sa voiture les bagages d’une famille qu’il accompagnait… acheter des billets de train …

    COMMENT IMAGINER qu’en France, un citoyen soit arrêté pour avoir hébergé chez lui l’homme dont il était amoureux, et soit pour un soupçon de ces faits attaché à un mur pendant 17 heures ? C’est dangereux, un homo amoureux, mais quand même…

    L’ensemble est chez Me Eolas, bien évidemment.

    Je ne savais pas si je retournerais aux prochains Cercles de Silence, le 17 juillet prochain à 18h00 place du Palais Royal.

    Maintenant je sais. J’y retourne.

    Comment faire de bons pirates

    1 vote

    mercredi 1er juillet 2009, par Ydikoi

    Hadopi 2 va bientôt arriver au parlement, avec des fonctions de plus en plus proches de l’expérimentation faite avec la sécurité routière, comme, par exemple, le système de l’ordonnance pénale … Avouez que si ça passe, ça promet d’être drôle, cette nouvelle version de pays libre dans lequel on est d’abord condamné avant de pouvoir défendre ses droits, non ?

    Bref, là n’est pas le sujet, directement … c’est surtout qu’il va falloir qu’ils trouvent maintenant de quoi alimenter la machine qu’ils mettent en place, même si le système est déjà bien au point.

    Prenez une série de télévision. Une série dans laquelle vous serez tombé par hasard, ou parce qu’on vous en aura parlé. Et vous y prenez goût, lentement, même si elle passe à un horaire bizarre (5h l’après midi, ou entre 1h et 2h le vendredi soir, selon les semaines …), parce que vous avez un magnétoscope, même moderne, qui vous permet de les visionner tranquillement ensuite.

    Et puis, un jour, brutalement, vous découvrez à la place de l’enregistrement prévu un programme quelconque : pour la série qui passait l’après midi, une autre série américaine ; pour celle de la nuit, des rediffusions aléatoires. Tout ça sans que la chaîne concernée ait diffusé l’intégralité de la saison … frustrant, non ?

    Pourquoi ? Oh, sûrement une raison simple : dans un cas, il ne reste que quatre épisodes, pas de quoi remplir une semaine de diffusion, et les programmes d’été sont en place. Il ne vous reste donc plus qu’à attendre une dizaine de mois, que la chaîne, dans sa grande bonté, rediffuse l’intégralité de la saison, avec deux ou trois ans de retard (c’est que ça met du temps à traverser l’atlantique, ces choses là). Dans l’autre cas, oubliez l’explication, il n’y en a pas. Non, aucune raison, la chaîne a juste modifié ses programmes, et il n’y a pas d’infos sur son site internet.

    Deuxième exemple. Prenez un bon film, primé aux Oscar, que vous avez envie de voir après avoir vu une belle émission sur le sujet. Le film étant sorti il y a plus de trois mois en France maintenant, vous vous dirigez naturellement à la FNAC la plus proche pour le trouver … Patatras, il ne sera disponible à la vente que dans … trois mois !

    Là, c’est un peu plus subtil.

    J’en ai longuement parlé l’été dernier, tout en regardant le cul des les MNS, avec un camarade d’une bombasse qui passait ses vacances avec nous. Il bosse chez un de ces mammouths dont le métier est de distribuer des films, et lui, justement, est respondable des DVD, ou un truc comme ça. Et il m’expliquait qu’il avait besoin de ces 6/8 mois pour sortir un DVD pour, en gros, être sûr que la traduction du film soit nickel, sélectionner les boni, faire les jaquettes et les livrets, et faire fabriquer tout ça.

    Evidemment, sur la traduction, il avait tout faux, il l’a vite reconnu : que ce soit de la VF ou de la VOST, elle est déjà présente à la sortie en salle.
    Il a reconnu n’avoir aucune statistique disponible sur l’importance des boni et jaquettes sur l’achat des DVD, donc ne pas savoir si un film, disponible immédiatement avec en jaquette l’affiche du film, sans livret ni boni, ferait ou non un flop.
    Ce qui est sûr par contre, c’est que lui même n’attend pas que ses confrères aient fait leur boulot pour acheter, c’est un gros énorme téléchargeur.
    Et ce qui est sûr également, c’est que tout cela, les livrets, jaquettes, boni permettent à ces mammouths de vendre beaucoup plus cher les DVD.

    Il a bien compris que des utilisateurs dans mon genre n’ont rien à faire de tous ces gadgets, qu’ils veulent le film et juste le film, mais il m’a explicitement dit qu’il était hors de question que jamais ils satisfassent notre demande, que cela était impensable. Effectivement, en faisant passer le prix de vente de presque 20€ à une dizaine, le modèle économique soufrirait.

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    Ainsi donc, voilà pourquoi je ne peux pas avoir chez moi le splendide Harvey Milk alors que j’ai envie de le regarder.
    Je suis prêt à le louer, mais il n’y a pas de plate-forme de location de film en streaming.
    Je suis prêt à l’acheter, en support DVD ou bien sur le net en téléchargement, mais voilà, l’un comme l’autre ne sont pas disponibles, parce que les mammouths ont décidé de faire de la vente forcée leur modèle de rentabilité économique.

    Alors oui, je l’ai trouvé sur le net, je l’ai téléchargé, regardé, beaucoup aimé,et j’ai même décidé qu’il ferait partie de ma collection de DVD.
    J’attendrai juste qu’il sorte en promotion, avec un prix sous les dix euros, c’est à dire sans livret, ni boni.

    C’est qu’à force de me faire tondre, voyez vous, j’ai plus beaucoup de poils moi. Et j’ai développé une (grosse) allergie.

    En cercle, et en silence

    lundi 22 juin 2009, par Ydikoi

    J’ai entendu parler des cercles de silence pour la première fois sur le blog de samantdi, et j’ai tout de suite été séduit par la diversité des organisateurs : moines franciscains au début, rejoints ensuite par des associations de tout bord (d’Emmaüs à Attac en passant par RESF ou la LDH). J’ai aimé l’idée de ce rassemblement de tous poils, confessions ou opinions politiques.

    Et l’idée même de se retrouver, en silence, dans un grand cercle autour d’une loupiotte, une forme originale de manifestation, le cri de silence des citoyens autour d’une idée commune : nous ne pouvons pas traiter, en France, en 2009, des hommes, des femmes, des enfants, d’une telle manière, fussent-ils étrangers, et sans papiers (Pour ceux qui ne suivent pas, mais alors, vraiment pas, vous pouvez toujours consulter le blog de Maître Eolas).

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    Alors je m’étais dit que j’irais voir, à Paris, ce que ça donne. C’est place du Palais Royal, devant le Conseil d’Etat, le troisième de vendredi de chaque mois, de 18h30 à 19h30.

    J’arrive un peu en retard, vers 18h45, le cercle est déjà formé, il occupe une bonne partie de la place. Pas forcément très visible depuis le Louvre, il y a beaucoup de personnes en retrait, ça donne l’impression d’un grand attroupement.

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    Et puis je me rapproche, traverse la rue de Rivoli, et là on voit le vide. Juste au milieu, la même lumière que sur la place du Capitole à Toulouse, une petite lanterne, toute bête, au centre.

    Je fais le tour, beaucoup de quinquagénaires et plus, et de femmes. Un seul garçon, tout jeune, il restera là jusqu’à la fin.

    Il y a beaucoup de passage sur cette place, beaucoup d’étrangers, curieux, ils prennent des photos, parfois un tract. Des parisiens, ou provinciaux, qui s’arrêtent, et parfois, rejoignent le cercle, pour quelques minutes. Chacun fait un pas en arrière, pour laisser un peu de place.

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    Le plus impressionnant reste le silence. Ce n’est pas un vrai silence, trop de voitures, klaxons, sur la rue de Rivoli. Mais autour du cercle, personne ne parle, et ceux qui passent parlent presque à voix basse. Les rares moments sans voiture, c’est un vrai silence, d’une seconde ou deux.

    19h30, un des organisateurs rejoint le centre, et éteint la lanterne. Le cercle est rompu, tout le monde se rejoint au centre, et se disperse lentement.

    Je ne me suis pas intégré au cercle, je suis resté quelques mètres en arrière. Un moyen de mieux observer, et aussi encore une indécision : on ne voit pas la même diversité que celle que j’avais imaginé dans les posts de Samantdi. Peut être la prochaine fois, le 17 juillet normalement.

    Cercles de silence à Paris

    #iranelection : death for democracy

    dimanche 21 juin 2009, par Ydikoi

    At 19:05 June 20th Place : Karekar Ave., at the corner crossing Khosravi St. and Salehi st.

    A young woman who was standing aside with her father watching the protests was shot by a basij member hiding on the rooftop of a civilian house. He had clear shot at the girl and could not miss her. However, he aimed straight her heart. I am a doctor, so I rushed to try to save her. But the impact of the gunshot was so fierce that the bullet had blasted inside the victim’s chest, and she died in less than 2 minutes.

    The protests were going on about 1 kilometers away in the main street and some of the protesting crowd were running from tear gass used among them, towards Salehi St.

    The film is shot by my friend who was standing beside me.

    Please let the world know. (source facebook via @narvic)

    France24 (qui apparemment fait un excellent travail de couverture des événements) confirme avoir pris contact avec l’auteur de la video suivante, qui ne serait donc pas un fake. Elle s’appelait Neda.

    et une deuxième, prise au même moment :

    Un petit rappel, si vous avez Twitter : pensez à mettre votre localisation sur Tehran, et votre fuseau horaire sur GMT+3.30 Tehran, celà rend plus difficile la traque par les autorités iraniennes.

    Excellentissime !

    c’est chez l’actu en patates (via guim)

    Le bal des pleureuses

    mardi 26 mai 2009, par Ydikoi

    Voilà un billet que je gardais depuis longtemps, procrastination oblige. Et puis, hadopi est passé depuis un moment, et un moment, dans notre société de la consommation immédiate, c’est une éternité.

    Mais voilà que la motivation revient par une fenêtre dérobée, alors je m’y lance.

    Reprenons. Si Narvic, Autheuil et Readwriteweb débattent aujourd’hui des motivations liées au débat (et il faudrait que j’en reparle, parce que je trouve qu’ils n’ont que partiellement raison dans leurs arguments respectifs), c’est encore plus loin qu’il faut remonter, aux fondamentaux de cette loi : la volonté du gouvernement de récolter des adresses IP et condamner, via une autorité administrative, son propriétaire à une coupure internet , sans préjuger d’une condamnation légale et sans vérifier que le titulaire de l’abonnement soit effectivement le fautif.

    C’est sur ces trois principes que les critiques se sont essentiellement appuyées, et tout particulièrement cet abandon de la présomption d’innocence si chère à notre droit français.

    Que ce soit Numerama, média qui a fait le plus remarquable travail d’information et d’investigation sur le sujet :

    Dans le cinquième épisode de la deuxième saison de l’examen du projet de loi Création et Internet, un personnage est mort : la présomption d’innocence.
    Hadopi SE2E05 : La présomption d’innocence ? "Une petite bête"

    Ou même des pointures comme Tristan Nitot :

    En colère, parce que les valeurs auxquelles je tiens sont bafouées, de la présomption d’innocence (on est coupable aux yeux de l’Hadopi tant qu’on a pas prouvé son innocence), le fait que des sanctions soient prises par une autorité administrative et non judiciaire, ainsi que la liberté d’Internet.
    En colère

    ou une autre, JM Planche :

    • Les mécanismes de délation par des parties "non neutres" et d’identification à partir d’une adresse IP ne m’apportent aucune garantie de sécurité, de sérieux et d’identification des réels coupables, L’automatisation du processus, jusqu’à la coupure d’un accès Internet, sans décision de justice et donc sans réelle garantie de défense remet en cause beaucoup de valeurs,
    • Le renversement de la charge de la preuve, où l’usager devra prouver qu’il ne peut pas "pirater" grâce à l’utilisation d’un logiciel qui n’existe pas et dont on ne connaît pas la portée, ni même la disponibilité pour le matériel que j’utilise est une atteinte au bon sens et à mes libertés individuelles et à la sécurité de mes données et de mes activités. Activités toutes légales et fortement créatrices de valeur, d’emplois et de taxes sur le territoire Français, je précise.
    Ma position sur l’Hadopi : en 2 mots et en preuves

    en passant par tout plein d’illustres inconnus de mon acabit, la question « radar hadopi innoncence » génère près de 20 pages de réponse dans Google.

    Faut-il crier au scandale face à ces mesures ? Evidemment oui.
    Faut-il crier à la nouveauté ? Peut être pas :

    HADOPI vs … 
    « nouveauté » HADOPI Sécurité Routière
    Surveillance du réseau via des automates Spywares Radars automatiques
    identification automatisée des contrevenants via leur numéro d’identification unique Adresse IP Plaque d’immatriculation
    Lettre d’avertissement x
    Sanction contre … le titulaire de l’abonnement le titulaire de la carte grise
    Renversement de la charge de la preuve

    Non, rien de bien neuf dans cet HADOPI, que de la remise au goût du jour de procédés déjà actifs depuis … 2004. A l’époque, seuls les motards en colère tenaient cette position que tous les geeks et autres épris de liberté ont maintenant. A l’époque, seuls les motards en colère criaient au scandale. A l’époque, tous les autres n’ont pas réagi. Normal, ils n’étaient pas concernés

    La FFMC a affirmé son désaccord avec ce système de mise sous surveillance parce qu’il porte un coup sérieux à la présomption d’innocence, au droit à la défense, et au respect de la vie privée.

    […] La FFMC appelle les motards, et au-delà l’ensemble des usagers de la route et acteurs de sécurité routière, à amplifier la mobilisation pour exiger que l’éducation à la sécurité routière et la formation des conducteurs soient développées et le contrôle sanction automatique supprimé.
    La FFMC appelle à amplifier la mobilisation contre le contrôle sanction automatique

    JM Planche est inquiet pour ses libertés fondamentales ? Tristan Nitot est en colère ? C’est tout le mal que je leur souhaite, je n’ai pas l’impression qu’ils l’étaient en 2004, comme tous ceux qui nous riaient au nez à cet époque.

    Ils se plaignent qu’une autorité administrative puisse couper l’accès à internet pendant six mois, alors que la jurisprudence existait déjà : un préfet peut supprimer un permis de conduire dans l’attente d’un jugement.
    Et qu’on parle maintenant d’une deuxième peine administrative : la rétention - sur le bord de la route - du permis de conduire, en attendant la décision du préfet, qui prendra lui même une décision en attente du jugement !

    À la suite d’un accident mortel, l’automobiliste soupçonné d’avoir commis un excès de vitesse ou d’avoir à tort doublé une personne (…) pourra voir son permis suspendu durant 72 heures. Une mesure administrative suivie d’une suspension préfectorale allant jusqu’à un an [dans l’attente du jugement]
    Le Figaro : les voitures des chauffards bientôt confisquées

    Ils se plaignent de la difficulté de prouver son innocence, une soit-disant nouveauté, alors que les formulaires des radars automatiques font tout pour que le titulaire de la carte grise dénonce le conducteur, et que l’Etat renacle à accepter les contestations

    Dans la discussion sur HADOPI, les arguments ne portaient pas sur la liberté individuelle, ou sur la présomption d’innocence, mais sur l’argent des artistes maisons de disque. En matière de sécurité routière, les journalistes ne s’interrogent pas non plus sur ces sujets, mais sur l’aspect financier :

    La confiscation est une source de revenus pour l’État. Mais nécessitera une meilleure organisation des tribunaux. « Nous nous sommes aperçus que les garages tiraient sur la corde pour nous facturer plus de frais de gardiennage…, explique un procureur du nord de la France. Sans compter les cas où le tribunal oublie de se prononcer sur l’avenir de la voiture après une saisie qui reste ainsi des semaines chez le garagiste. »
    Le Figaro : les véhicules confisqués seront vendus ou détruits

    Je les entends déjà, ceux qui dans ces commentaires ou ailleurs, ne manqueront pas de dire "ah oui mais c’est pas pareil, les voitures, on sauve des vies".

    Mais le principe même d’un principe, c’est qu’il est intangible. Et la présomption d’innocence aurait dû rester un principe. Et quitte à être polémique dans ce billet, allons encore plus loin : le débat de fond est bien plus important que celui de la vie humaine, c’est celui de la liberté, et de la démocratie.

    Soyez inquiets messieurs, mesdames, il ne vous reste plus que ça. Et vous verrez bien assez vite que nous sommes loin d’avoir tout vu.

    Et laissez nous la colère. Et la tristesse, l’amertume, la rage d’avoir eut raison trop tôt.

    Fous ta cagoule !

    samedi 18 avril 2009, par Ydikoi

    Dans le Grand Barnum du Port’nawak ambiant, l’épisode du jour : fous ta cagoule !

    Puisque face à un fait divers, il faut réagir par une loi, Nôt’Zident Bien Aîmé a décidé de faire interdire les cagoules dans les manifestations. Proposition de loi de Christian Estrosi (mouhahaha) qui sera présentée au parlement courant mai.

    PNGMais courant mai, c’est beaucoup trop tard pour un pouvoir qui se targue de répondre immédaitement. MAM a présenté hier un décret à Fillon. Un décret qui dit la même chose que la loi en préparation :

    “tout participant à une manifestation publique, en dissimulant volontairement son visage dans le but de ne pas être identifiée, est puni de l’amende […] de 1500€.
    En cas de récidive dans un délai d’un an, l’amende peut être portée à 3000€”

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    Photo Martin Le Roy

    Et la ministre de préciser qu’elle s’en remettra à la sagacité des forces de l’ordre, sur le terrain, pour déterminer si le but est de délibérément ne pas être identifié.

    On est pas dans la merde :
    - tous les policiers qui surveillent les manifestations cagoulés, pour ne pas être pris en photo et reconnus ensuite, seront-ils expulsés par leurs collègues, ou devra-t-on faire appel à l’IGPN pour faire appliquer la loi ?
    - ou bien alors est-il établi que, les policiers respectant par défaut la loi, ils ne seront plus cagoulés ?

    Et puis, accessoirement, comment feront tous ceux qui verront leur droit à manifester soumis à la  sagacité  des forces de police, parce qu’ils peuvent être accusés - parfois légitimement, et pour de bonnes raisons, de vouloir cacher leur identité :

    les motards photo ydikoi

    les pompiers photo lci

    les carnavaleux Photo Lady Elixir

    les participants de gaypride photo ydikoi

    génération précaire, dont le but justement est d’être anonymisé photo ©génération précaire

    ou encore des cyclistes qui portent un masque anti-pollution

    (et j’allais oublier les sœurs de la perpétuelle indulgence, bien sûr photo ydikoi

    Gageons ensuite, et là ça sera beaucoup plus drôle, que les manifestations ne seront plus légales pour les personnes habillées, partant du principe qu’on peut toujours cacher quelque chose dans ses poches.

    Mais il est vrai que s’interroger sur les raisons de la montée de la violence, sur ce ressenti si souvent exprimé de ne plus être entendu, et donc, pour les politiques, faire l’effort d’écouter, et entendre ceux qui les élisent ; cet effort là est peut être au dessus de leurs forces, alors qu’ils savent parfaitement empiler les lois et les interdictions.

    Franchement, un premier mai, tous masqués pour leur montrer que nous, on les a bien entendu, ça aurait de la gueule. Et rien que pour ça, pour une fois, je serais prêt à manifester ce jour là.

    Les petits renoncements

    samedi 11 avril 2009, par Ydikoi

    Dans une réunion avec nos adhérents, l’un d’eux me demandait récemment comment avait évolué l’ambiance, si les promesses d’améliorer le relationnel avaient été tenues.
    Alors que je lui répondais qu’on ne pouvait pas tout résoudre par la mise en place d’outils, que cela n’empêcherait pas certains de considérer par défaut toute forme de pouvoir comme corruptible et à détruire, il me cloua le bec d’un “cela dit, c’est pas faux, ils sont corrompus”.

    Moi habituellement si prompt à trouver la réponse-qui-va-bien, je me suis retrouvé sans voix, toujours aussi mal à l’aise face à cette présomption de culpabilité, et surpris de ce poujadisme rampant, même chez des personnes plutôt ouvertes sur la réflexion sociétale.

    Et puis ce matin, en prenant ma douche (le grand lieu de réflexion par excellence), c’était juste évident : tous les jours ou presque l’actu nous donne des exemples de personnalités revenant sans honte ni remords sur leurs engagements moraux. C’est devenu tellement normal que plus personne n’y prête attention.

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    On pourrait facilement remonter le cours de l’histoire, pas si loin d’ailleurs, pour remplir des pages entières de promesses non tenues, de petits retournements de vestes sans explications, des promesses non tenues de Sarkozy (et il manque encore les plus récentes, le Tibet, les JO, …), au retournement de veste d’Arnaud Montebourg, ancien chantre du non-cumul des mandats, aujourd’hui super-cumulard (au moins a-t-il eu la "délicatesse" de consulter ses électeurs avant, via son blog).

    Un cas symptomatique revient sur le devant de la scène aujourd’hui : celui d’Alain Juppé.

    Rappelez vous en 2007 (je sais, c’est loin …). En mai, il est nommé ministre de l’écologie, son grand dada depuis le retour de Québec. Mais en juin, il est platement battu aux élections législatives, annonce sa démission du gouvernement, et se recentrer sur la ville de Bordeaux. Lors des élections municipales de 2008, il s’engage à ne plus accepter de mandat national, et s’occuper « à 100% » de sa ville.

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    Moins d’un an plus tard, patatras, faisons table rase du passé :

    Interrogé, samedi 11 avril, par le Parisien, sur le point de savoir s’il est "prêt à mettre son expérience au service du pays", le maire de Bordeaux répond : "Oui, car je reste passionné par les questions politiques, au sens le plus noble du terme, c’est-à-dire les grands sujets nationaux ou internationaux".

    La critique est facile, elle est même évidente dans ce cas.

    L’absence totale de respect d’engagements publics est tellement devenue une habitude que l’intéressé ne prend même plus la peine de chercher à se justifier : il n’est d’ailleurs absolument pas interrogé, ni par le Parisien, ni par Le Monde qui reprend l’information en l’étoffant, sur ce revirement éventé de longue date.

    Mieux encore, il est “de fait” justifié par un sondage express du figaro : puisque c’est maintenant une bonne idée, c’est moralement acceptable. Et, de toute façon, il n’est absolument pas question de morale, définitivement morte et enterrée.

    Ce qui est surprenant dans le cas Juppé est le contexte dans lequel intervient ce renoncement.

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    La notion de discrédit des hommes politiques n’est pas nouvelle, cela fait au moins 15 ans que l’on en parle, qu’on l’évoque régulièrement, notamment quand le paysage politique est chamboulé par un vote protestataire massif, comme ça a pu être le cas en 2002.

    Mais en cette année si particulière, avec une crise dont personne n’arrive à voir les débouchés, une contestation de plus en plus forte et visible, où des politiques parlent ouvertement d’une révolte rampante et des intellectuels comparent la situation actuelle à la période pré-révolutionnaire ; il reste surprenant qu’un homme, dont personne ne conteste l’intelligence, n’ait pas, au delà de toute décence, la conscience qu’en cette époque de discrédit massif envers les édiles (politiques, économiques, …), il est plus que jamais nécessaire de chercher à rassurer, plutôt qu’à tromper.

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